Alors que la campagne pour l'élection présidentielle de 2027 s'installe, la question du déficit public français revient sur le devant de la scène. Les candidats semblent enfin s'inquiéter de la situation budgétaire du pays, alors que la dette a triplé depuis 2007. Mais une question demeure : les électeurs sont-ils prêts à s'en préoccuper ?
Un sujet qui s'impose enfin dans la campagne
Depuis 2007, la dette de la France a triplé. Cette réalité budgétaire, longtemps ignorée ou minimisée, s'impose désormais comme un enjeu central de la campagne présidentielle. Les candidats multiplient les annonces et les propositions pour tenter de répondre à cette préoccupation grandissante.
François Bayrou, qui avait fait de la dette son cheval de bataille dès 2007, avait alors perdu l'élection. Ses concurrents s'étaient moqués de lui en 2012 lorsqu'il avait proposé d'en faire le fil rouge de son programme. Devenu Premier ministre une douzaine d'années plus tard, il a été présenté comme un kamikaze pour avoir défendu un retour rapide à l'équilibre budgétaire, avant de rester moins de neuf mois à Matignon.
Des solutions simplistes face à un problème complexe
Face à cette situation, les solutions proposées par les candidats sont souvent simplistes. Jean-Luc Mélenchon a proposé une solution radicale : effacer près d'un cinquième de la dette publique française en utilisant les réserves de la Banque de France. Selon lui, « 18 % de la dette sont dans les coffres de la Banque de France, il suffit d'y aller, de les prendre et de les foutre au feu, et il n'y en a plus ».
De son côté, Marine Le Pen semble prendre conscience de la gravité de la situation budgétaire à l'occasion de sa quatrième campagne présidentielle. Elle a déclaré : « Il est grand temps de nettoyer les écuries d'Augias que sont devenus les comptes de la nation ! » Pourtant, elle continue de défendre la retraite à 60 ans et laisse la gauche dicter sa loi à l'Assemblée depuis deux ans en menaçant de censurer le gouvernement.
Des propositions contrastées à droite et à gauche
À gauche, Raphaël Glucksmann refuse de faire des économies et préfère créer de nouveaux impôts. À droite, les candidats rivalisent d'annonces de réductions de dépenses publiques : 120 milliards par an pour Bruno Retailleau, jusqu'à 200 milliards pour David Lisnard. Édouard Philippe et Gabriel Attal prônent quant à eux une règle d'or pour interdire le financement des dépenses courantes par l'emprunt.
La bonne nouvelle, c'est que le sujet semble s'imposer dans la campagne. La mauvaise, c'est que les taux d'intérêt auxquels la France emprunte sont au plus haut depuis la crise de 2008. Depuis 2007 et les premières alertes de François Bayrou, la dette a triplé. Reste à savoir si les électeurs sont prêts, cette fois, à s'en inquiéter.



