À moins d’un an du premier tour de l’élection présidentielle de 2027, la droite française traverse une période de turbulences identitaires. Les références au Rassemblement pour la République (RPR) et les affrontements entre les héritages pasquaien et chiraquien illustrent une incertitude stratégique inédite. Cette bataille de filiations en dit long sur les difficultés de la droite à se positionner dans un paysage politique fragmenté.
Le retour du RPR comme étendard
Plusieurs candidats potentiels, à l’instar de Laurent Wauquiez ou de Bruno Retailleau, revendiquent l’héritage du RPR, parti gaulliste fondé par Jacques Chirac en 1976. Ce retour en grâce du RPR, pourtant dissous en 2002 dans l’UMP, témoigne d’une volonté de puiser dans une histoire jugée plus glorieuse. Le RPR symbolise une droite souverainiste, sociale et étatiste, loin des dérives libérales ou extrémistes. Cependant, cette référence n’est pas unanime et suscite des tensions.
La filiation pasquaienne : une droite dure et identitaire
Charles Pasqua, figure historique du RPR, incarne une ligne dure, anti-européenne et sécuritaire. Ses héritiers, comme Éric Ciotti ou certains membres de Debout la France, prônent une rupture nette avec l’Union européenne et une lutte acharnée contre l’immigration. Cette tendance séduit une partie de l’électorat de droite, mais elle entre en conflit avec les modérés.
La filiation chiraquienne : une droite modérée et républicaine
À l’opposé, Jacques Chirac représente une droite modérée, européenne et sociale. Ses héritiers, tels que François Baroin ou Xavier Bertrand, défendent un gaullisme tempéré, ouvert au dialogue et à la construction européenne. Cette ligne, plus consensuelle, peine à incarner une alternative crédible face au Rassemblement national.
Une incertitude stratégique révélatrice
Cette querelle de filiations traduit une absence de projet clair pour la droite. Les sondages montrent une dispersion des voix entre plusieurs candidats, aucun ne dépassant les 15 % d’intentions de vote. La droite classique, entre Les Républicains et ses émanations, semble incapable de proposer une vision unifiée. Par ailleurs, la montée du RN et la radicalisation du débat public compliquent la tâche.
- La référence au RPR permet de fédérer autour d’un passé commun, mais elle masque des divergences profondes sur l’Europe, l’économie et les valeurs.
- La bataille entre pasquaiens et chiraquiens reflète une lutte pour l’âme de la droite, entre identité et ouverture.
- L’absence de leader charismatique aggrave la situation, chaque candidat tentant de capter l’héritage à son profit.
Quelles perspectives pour 2027 ?
L’issue de cette bataille d’héritages dépendra de la capacité des différents courants à s’entendre sur un candidat unique. Une primaire pourrait être organisée, mais les rancœurs sont tenaces. Certains observateurs évoquent une scission inévitable, avec une droite dure rejoignant le RN et une droite modérée tentant une alliance avec le centre. Dans tous les cas, la droite française est à un tournant, et son avenir se jouera dans les mois à venir.
En conclusion, la référence au RPR et les luttes de filiations sont le symptôme d’une droite en crise, cherchant désespérément un cap. Entre Pasqua et Chirac, c’est toute une histoire politique qui se rejoue, avec pour enjeu la présidence de la République.



