Les anciennes licières de l'atelier du Mobilier National de Lodève ont vécu une journée mémorable à Paris. Après une visite à l'Assemblée nationale, elles ont rencontré le président de la République, Emmanuel Macron, lors du vernissage de l'exposition Les Courageuses à la Maison de l'Élysée.
Une rencontre inattendue avec le Président
Le jeudi 25 septembre, un groupe de 35 personnes, accompagné par l'association Mémoires Méditerranée et l'élue régionale Fadelha Benammar-Koly, a célébré la journée nationale de mémoire des harkis à Paris. Le matin, elles avaient été reçues par la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet. Mais le moment fort de la journée a été la rencontre avec Emmanuel Macron en soirée.
« Le Président a pris le temps de regarder les œuvres, de parler avec chacune, elles étaient très touchées », raconte Fadelha Benammar-Koly. « On nous avait promis sa présence pendant quinze minutes, mais cela a duré quarante-cinq minutes. »
L'exposition Les Courageuses à l'Élysée
L'exposition Les Courageuses est présentée à la Maison de l'Élysée depuis le 24 septembre et sera visible jusqu'au 23 octobre. Elle rend hommage à la vie professionnelle et à l'intégration de ces discrètes ouvrières retraitées de Lodève, accompagnées de leurs filles, impressionnées par le décorum républicain.
Le président Macron est venu en personne pour ce vernissage. Il a écouté la lecture des textes produits lors de l'atelier d'écriture mené par Sarah Fourage, intitulé Je suis de celles qui se souviennent. Étaient également présentes la ministre Patricia Mirallès et la Gardoise Françoise Dumas, présidente de la commission nationale indépendante de reconnaissance et de réparation des préjudices subis par les harkis.
Un hommage à l'intégration par le travail
Fadelha Benammar-Koly a souligné auprès du Président que « la France en était pleine de ces récits d'exil et d'intégration par le travail. Mais quelle place ont ces récits dans le récit national ? Il serait temps de les mettre en avant pour faire de l'ombre à ces discours de repli ! »
Pour les plus âgées des licières, cette visite à Paris était une première. L'atelier de Lodève avait été créé en 1964 pour occuper les femmes harkies en leur proposant de continuer une activité artisanale traditionnelle de fabrication de tapis, pratiquée en Algérie. Au fil des ans, l'atelier est passé sous la coupe du Mobilier National, et les tapis tissés dans la manufacture de Lodève ont commencé à orner les palais de la République, ambassades et ministères.
Une mémoire préservée au Mémorial de Rivesaltes
L'association Mémoires Méditerranée, qui a mené ce travail de mémoire, annonce que l'histoire des Courageuses de Lodève va intégrer le parcours permanent du Mémorial de Rivesaltes. L'atelier de la Savonnerie se visite ; renseignements sur le site de l'Office de tourisme du Lodévois-Larzac.



