Laurent Wauquiez, figure des Républicains (LR), a exprimé sa crainte que le parti ne se transforme en « secte » si Bruno Retailleau reste candidat jusqu'au bout de la course à la présidence du parti. Selon des propos rapportés par Libération le 7 juillet 2025, Wauquiez a confié à ses proches son inquiétude face à la persistance de Retailleau, qu'il juge préjudiciable à l'unité et à l'avenir du mouvement.
Des tensions internes exacerbées
Les déclarations de Wauquiez interviennent dans un contexte de tensions croissantes au sein de LR. Bruno Retailleau, sénateur de Vendée et candidat déclaré à la présidence du parti, refuse de retirer sa candidature malgré les appels à l'unité. Wauquiez, qui soutient une autre ligne, estime que cette obstination pourrait transformer LR en une organisation fermée, imperméable aux débats internes. « Si Retailleau reste jusqu'au bout, on va devenir une secte », aurait-il lancé, selon une source proche du parti.
Un parti à la croisée des chemins
Les Républicains traversent une période délicate, avec des divisions profondes sur la ligne politique à adopter après les défaites électorales successives. La candidature de Retailleau, perçue comme un symbole de l'aile droite dure, cristallise les oppositions. Wauquiez, qui prône une ligne plus centriste, craint que le parti ne s'enferme dans une posture idéologique rigide, éloignant les électeurs modérés. Selon un sondage interne, 62 % des militants LR estiment que le parti doit se recentrer pour reconquérir l'électorat.
La réaction de Retailleau
Interrogé sur ces propos, Bruno Retailleau a démenti toute volonté de division. « Je ne suis pas là pour faire une secte, mais pour défendre une ligne claire et cohérente », a-t-il déclaré. Il a accusé Wauquiez de vouloir « étouffer le débat » et de chercher à imposer une ligne unique. « Les militants doivent avoir le choix », a-t-il ajouté, soulignant que sa candidature est légitime et démocratique.
Les enjeux pour l'avenir de LR
Cette querelle intervient alors que LR prépare son congrès de septembre 2025, qui doit élire un nouveau président. Les deux camps s'activent en coulisses pour rallier les 80 000 adhérents du parti. Wauquiez, qui a déjà dirigé le parti de 2017 à 2019, mise sur une stratégie de rassemblement, tandis que Retailleau capitalise sur une base militante fidèle. Selon des sources internes, une médiation est en cours pour éviter une scission, mais les positions restent figées.
Un précédent historique
Les craintes de Wauquiez font écho à des épisodes passés où des partis politiques français ont été accusés de dérive sectaire, comme le Front national dans les années 1990. « Un parti qui se coupe du débat interne et de la diversité des opinions risque de se marginaliser », analyse Jean-Pierre Sueur, politologue à Sciences Po. Il rappelle que la démocratie interne est essentielle pour la crédibilité d'un parti.
Les réactions extérieures
Au sein de la majorité présidentielle, on observe avec amusement ces divisions. Un conseiller de l'Élysée a ironisé : « LR est en train de se cannibaliser. Pendant ce temps, nous avançons sur les réformes. » De son côté, la gauche y voit un signe de l'incapacité de la droite à se renouveler. « Ils sont obsédés par leurs querelles internes alors que les Français attendent des solutions concrètes », a commenté un porte-parole du Parti socialiste.
Quelle issue ?
L'avenir de LR dépendra de la capacité des deux camps à trouver un compromis. Une hypothèse évoquée est que Retailleau accepte de retirer sa candidature en échange de garanties sur la ligne politique du parti. Mais pour l'instant, le sénateur vendéen reste inflexible. « Je vais jusqu'au bout, quoi qu'il arrive », a-t-il affirmé lors d'un meeting à Nantes. Wauquiez, de son côté, tente de rassembler les modérés, mais le temps presse. Le congrès de septembre s'annonce comme un test décisif pour la survie de LR.



