Deux militants de Place publique ont été expulsés du marché hebdomadaire de Bagnols-sur-Cèze (Gard) le mercredi 5 août 2026, alors qu'ils distribuaient des tracts et échangeaient avec des passants. L'incident, rapporté par le parti dans un communiqué diffusé le jeudi 6 août, a immédiatement suscité une vive polémique entre le mouvement politique et la municipalité dirigée par Pascale Bordes (Rassemblement national).
Une expulsion jugée brutale par les militants
Selon le récit de Place publique Gard, deux placiers mandatés par la mairie ont interpellé les militants et leur ont signifié l'interdiction de tracter, les sommant de quitter les lieux sans délai. Didier Flaender, l'un des deux militants concernés, témoigne : « Ils nous ont dit qu'il fallait une autorisation préalable de la mairie. On leur a répondu que ça ne se passait pas comme ça, qu'il n'y avait aucune atteinte à l'ordre public. » Face à leur refus de partir, la police municipale a été appelée et les a escortés jusqu'à la sortie du marché.
« Je n'avais jamais vu un truc pareil, s'indigne ce militant de longue date. C'est choquant. On distribuait un tract qui défendait nos idées pour lutter contre la canicule, pour l'écologie, ce n'était pas une attaque contre la mairie de Bagnols. »
Place publique dénonce une « atteinte à la liberté d'expression »
Dans son communiqué, l'antenne gardoise de Place publique – qui avait soutenu la candidature de Jean-Yves Chapelet aux municipales de mars dernier – « condamne fermement cette atteinte à la liberté d'expression organisée par la municipalité RN de Bagnols-sur-Cèze ». Le parti y voit « un nouvel exemple de la volonté de limitation des libertés fondamentales que les représentants du Rassemblement national, dont Mme Bordes, ancienne députée et maire de Bagnols-sur-Cèze, projettent d'imposer à la population ».
Didier Flaender assure qu'il retournera tracter sur le marché bagnolais : « Plus que jamais, lance-t-il. On ne peut pas se laisser impressionner. » De son côté, la co-référente du parti dans le département, Florence Dardon, annonce qu'un « courrier sera envoyé à la mairie pour relater les faits et défendre notre droit ».
La mairie justifie l'obligation d'autorisation préalable
Contactée par Midi Libre, la maire Pascale Bordes assume pleinement la décision. « Il faut déposer une demande en mairie », explique-t-elle, précisant qu'une autorisation préalable est nécessaire pour distribuer des tracts politiques sur le marché. L'élue évoque également une « attitude irrespectueuse » des militants, qui « ont pris les placiers en photo ». Elle conclut : « Il leur a été dit qu'ils pouvaient continuer à tracter mais en dehors des limites du marché. »
Cet incident survient dans un contexte électoral tendu, à quelques mois des élections municipales de 2026. Il illustre les tensions récurrentes entre les forces politiques locales et la majorité municipale RN, sur fond de débats autour des libertés publiques et du droit de manifester sur la voie publique.



