Défaite d'Orban : le Rassemblement national confronté à la perte d'un allié clé en Europe
RN en difficulté après la défaite de Viktor Orban en Hongrie

Le Rassemblement national face au vide laissé par Viktor Orban

Au lendemain de la défaite électorale de Viktor Orban en Hongrie, le Rassemblement national peine à dissimuler son désarroi. La perte de ce principal allié européen constitue un revers significatif pour la stratégie du parti français. Marine Le Pen avait elle-même anticipé cet écueil, reconnaissant que l'échec du dirigeant hongrois représenterait « incontestablement un frein » pour ses propres ambitions politiques.

Un hommage teinté d'amertume

Jordan Bardella et Marine Le Pen ont rapidement exprimé leur soutien indéfectible à Viktor Orban, qualifié de « grand patriote » pour sa défense de la souveraineté hongroise. Cependant, ces marques d'affection sont empreintes d'amertume envers les institutions européennes. Le RN dénonce les accusations « incessantes et grotesques » de Bruxelles, qu'il juge infondées, notamment celles comparant la Hongrie à une dictature.

Le parti refuse de prendre ses distances avec l'ancien Premier ministre, que Marine Le Pen avait érigé en symbole de résistance face à la Commission européenne dirigée par Ursula von der Leyen. Trois semaines avant les législatives françaises, elle s'était rendue en Hongrie pour soutenir Orban, soulignant l'enjeu crucial des élections de 2027 en France, en Italie, en Espagne et en Pologne.

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Des divergences assumées

Malgré des divergences notables – Viktor Orban étant ouvertement pro-Trump, proche de Moscou, et critiqué pour ses dérives illibérales et ses atteintes aux droits des homosexuels – le RN maintient son alliance. Marine Le Pen justifie cette position en affirmant : « Nous ne sommes pas des clones ». Elle défend également le blocage par la Hongrie d'un prêt européen de 90 milliards d'euros à l'Ukraine, arguant que Orban « défend les intérêts de son pays ».

Cette loyauté est réciproque. L'an dernier, après la condamnation en première instance de Marine Le Pen, Viktor Orban avait apporté un soutien sans réserve sur les réseaux sociaux avec un message : « Je suis Marine ! ». Deux mois plus tard, il se rendait à Montargis pour un meeting avec d'autres alliés européens du RN, saluant la cheffe de file comme une « combattante courageuse ».

Un impact sur l'influence européenne

Le parti de Viktor Orban, le Fidesz, n'a rejoint qu'en 2024 la coalition des Patriotes pour l'Europe, menée par Jordan Bardella au Parlement européen. Auparavant, Orban était affilié aux démocrates-chrétiens du PPE avant d'en être exclu en 2021. Ses dix élus permettent aujourd'hui au RN de diriger le troisième groupe parlementaire européen, influençant des votes clés sur des sujets comme le Mercosur ou l'immigration.

Cependant, avec la chute d'Orban, les Patriotes ne sont plus représentés au sein des chefs d'État ou de gouvernement de l'UE que par le Tchèque Andrej Babis. Un proche de Marine Le Pen tente de minimiser l'impact, évoquant une simple « péripétie électorale » due à la lassitude des Hongrois. Il compare la situation à un jeu d'échecs : « Ce n'est pas parce que vous perdez une pièce que vous perdez la partie ».

Des conséquences financières et stratégiques

La défaite d'Orban pourrait avoir des répercussions financières pour le RN. En 2022, une banque hongroise avait prêté plus de 10,6 millions d'euros à Marine Le Pen pour sa campagne présidentielle. Cette source de financement est désormais incertaine, ajoutant une dimension pratique au désarroi stratégique du parti.

Malgré tout, le RN reste déterminé à poursuivre son projet de changer l'Union européenne de l'intérieur, même si la perte de son allié hongrois complique considérablement la tâche. L'année 2027, avec ses élections majeures, reste un objectif central, mais le chemin s'annonce plus ardu sans le soutien actif de Viktor Orban.

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