La primaire à gauche s'annonce comme un feuilleton médiatique, avec une présence massive des candidats sur les écrans et dans les colonnes des journaux. Mais cette surmédiatisation pourrait se retourner contre eux, tant les électeurs semblent saturés. Selon un sondage récent, 68% des Français jugent que les médias accordent trop de place à cette échéance, loin des préoccupations quotidiennes.
Une course encombrée
Dominique de Villepin, Bernard Cazeneuve et François Hollande, entre autres, se bousculent pour incarner l'alternative. Chacun multiplie les interviews, les meetings et les interventions sur les réseaux sociaux. Mais cette profusion de candidatures et de déclarations brouille les messages. « Les électeurs ont du mal à discerner les propositions, noyés sous le flot médiatique », analyse un politologue.
La situation est inédite : jamais une primaire n'avait attiré autant de ténors. Mais cette richesse apparente pourrait être un piège. Les divisions passées, notamment autour du bilan du quinquennat Hollande, resurgissent. Les candidats peinent à incarner un renouveau crédible, et la surmédiatisation exacerbe les querelles intestines.
L'impact sur la mobilisation
Cette exposition massive ne garantit pas la mobilisation. Les électeurs de gauche, déçus, pourraient bouder les urnes. Les primaires de 2017 avaient déjà montré un essoufflement. Aujourd'hui, la défiance est plus profonde. « Les gens ne croient plus à ces jeux de rôles médiatiques, ils veulent du concret », confie un militant associatif.
Pourtant, les organisateurs espèrent une participation supérieure à 2 millions de votants. Mais les sondages indiquent que 54% des sympathisants de gauche ne se sentent pas concernés. La surmédiatisation pourrait donc être contre-productive, en renforçant l'idée que la politique est un spectacle déconnecté des réalités.
Quelle issue ?
Face à ce constat, certains appellent à recentrer le débat sur les idées. « Il faut moins de communication et plus de substance », plaide un éditorialiste. La primaire pourrait être l'occasion de renouveler le discours, mais à condition que les candidats sortent des sentiers battus médiatiques.
En attendant, la course continue. Les prochaines semaines seront décisives pour savoir si cette surmédiatisation sera un atout ou un fardeau. Une chose est sûre : les électeurs auront le dernier mot, et ils semblent de plus en plus exigeants.



