Nouveaux maires RN : un laboratoire de l'extrême droite en action
Nouveaux maires RN : un laboratoire de l'extrême droite

Depuis les élections municipales du printemps dernier, le Rassemblement national (RN) a conquis une soixantaine de nouvelles communes, portant à plus de 70 le nombre de municipalités sous sa direction. Trois mois après le second tour, ces nouveaux maires commencent à imprimer leur style, notamment en matière de politique socio-culturelle. À Carpentras (Vaucluse), le maire a supprimé une subvention municipale de 3 000 euros au Planning familial, un geste hautement symbolique.

Un observatoire pour scruter les nouvelles mairies RN

L'Observatoire national de l'extrême droite (Oned) a lancé une déclinaison collaborative pour compiler les mesures prises par ces nouvelles municipalités. Selon Thomas Portes, président de l'Oned et député LFI de Seine-Saint-Denis, « ce sont souvent des communes de tailles moyennes, parfois petites, mais qui sont toujours des laboratoires de l'extrême droite ». Il précise que « ces marqueurs – orientation culturelle, attaques contre les syndicats, contre des dispositifs sociaux et associatifs, ou encore l'accueil des ressortissants étrangers – ont été identifiés dans 30 % à 35 % des communes nouvellement RN ».

Des mesures chocs dès les premiers jours

À Carcassonne (Aude), le nouveau maire Christophe Barthès a pris un arrêté municipal anti-mendicité quelques jours après son élection. Il a également refusé la mise à disposition d'une salle pour le vote des Algériens de l'étranger le 2 juillet et a envoyé des huissiers à la Bourse du Travail pour notifier aux syndicats leur départ des locaux occupés depuis près de 100 ans par la CGT, leur reprochant leur participation à une manifestation contre l'extrême droite.

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À Liévin (Pas-de-Calais), le maire RN a décidé de se passer des syndicats pour la cérémonie du 1er-Mai commémorant le coup de grisou de 1974 qui a fait 42 morts, se contentant d'une gerbe de fleurs.

Culture et événementiel : la corrida et le MMA à l'honneur

À Vauvert (Gard), les 65 000 euros de subventions versées au festival de jazz ont été supprimés, laissant place au retour de la corrida, neuf ans après sa dernière édition. À La-Seyne-sur-Mer (Var), le maire Dorian Munoz privilégie le MMA dans la programmation culturelle, y voyant « un créneau à prendre, en termes d'événementiel », et supprime un festival de street art ainsi que la célébration annuelle de la prise de Toulon par Napoléon, jugée « au budget disproportionné ».

À Bagnols-sur-Cèze (Gard), la maire Pascale Bordes a annulé les venues du trompettiste Ibrahim Maalouf, du chorégraphe Mourad Merzouki et de l'humoriste Muriel Robin. À Harnes (Pas-de-Calais), l'organisation d'un ciné-débat sur l'univers queer a été confiée à une nouvelle association présidée par un élu de la majorité d'extrême droite.

Prise en main de la vie associative

À Perpignan, le maire réélu Louis Aliot a voté une révision du règlement d'attribution des subventions, prévoyant « d'utiliser prioritairement le français académique dans leur communication institutionnelle » et la « participation aux cérémonies commémoratives du 11-Novembre, 8-Mai et 14-Juillet », selon une élue d'opposition. Ces mesures illustrent la volonté du RN d'imposer ses marqueurs identitaires dans les communes qu'il dirige.

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