Marine Le Pen a écourté son premier déplacement de campagne pour l'élection présidentielle de 2027, samedi 8 juillet, après avoir été chahutée par des habitants dans l'Aisne. La candidate du Rassemblement national (RN) s'est rendue dans un marché de la commune de Saint-Quentin, où elle a été accueillie par des huées et des insultes, selon plusieurs témoins.
Un départ précipité après des échanges tendus
Le déplacement, initialement prévu pour durer plusieurs heures, a été interrompu après seulement 45 minutes. Marine Le Pen a dû quitter les lieux sous escorte policière, alors que des manifestants scandaient des slogans hostiles. Selon son équipe de campagne, la candidate a été confrontée à un groupe d'individus venus spécifiquement pour perturber l'événement.
"Nous avons été contraints de raccourcir le déplacement en raison de l'agressivité de certains individus. La sécurité de Marine Le Pen était prioritaire", a déclaré un porte-parole du RN.
Un contexte politique tendu
Ce premier déplacement de campagne intervient dans un climat politique déjà très polarisé. Marine Le Pen, arrivée en tête au premier tour de la présidentielle de 2022, espère capitaliser sur ses scores précédents pour conquérir l'Élysée en 2027. Cependant, ce début de campagne chaotique pourrait fragiliser sa dynamique.
Selon un sondage Ifop réalisé en juin, Marine Le Pen est créditée de 32 % des intentions de vote au premier tour, devant le candidat de La République en marche (28 %) et celui de La France insoumise (18 %). Malgré ces chiffres, l'incident de Saint-Quentin montre que la candidate fait face à une opposition farouche sur le terrain.
Des réactions politiques contrastées
Les réactions politiques n'ont pas tardé. "Ce genre d'incident est regrettable pour la démocratie. Les candidats doivent pouvoir s'exprimer librement", a déclaré le porte-parole du gouvernement. De son côté, Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, a estimé que "Marine Le Pen doit s'attendre à être contestée partout où elle ira, car son programme est dangereux pour la République".
Marine Le Pen, de son côté, a dénoncé une "violence politique inacceptable" et a appelé à un débat serein. Elle a également annoncé qu'elle poursuivrait sa campagne, malgré cet incident.
Un test pour la stratégie de dédiabolisation
Ce déplacement chahuté intervient alors que Marine Le Pen tente de normaliser son image et de séduire un électorat plus large. La stratégie de "dédiabolisation" du RN, menée depuis plusieurs années, vise à rassurer les électeurs sur sa capacité à gouverner. Cependant, les tensions sur le terrain pourraient compliquer cette entreprise.
Pour l'instant, l'équipe de campagne de Marine Le Pen assure que cet incident ne remet pas en cause sa stratégie. "Nous continuerons à aller à la rencontre des Français, y compris là où l'opposition est forte", a affirmé un conseiller.



