Hendaye : Les Insoumis confrontés à une impasse électorale à deux mois des municipales
La France Insoumise sera-t-elle présente, d'une manière ou d'une autre, lors du scrutin municipal de mars prochain à Hendaye ? À deux mois de l'échéance, la tendance semble négative, une perspective que regrettent amèrement les deux chefs de file du parti mélenchoniste dans la cité frontalière, Alain Franchet et Sandrine Januel. Cette situation pourrait laisser des « orphelins de gauche », comprenez d'habituels votants insoumis, sans candidats à qui donner leurs voix le jour J, comme l'a souligné Alain Franchet au journal « Sud Ouest ».
Une alliance « contre nature » dénoncée par les Insoumis hendayais
Dans un communiqué, le comité local hendayais de La France Insoumise déplore qu'une véritable liste de gauche avec les partenaires historiques du Nouveau Front Populaire (NFP) ne puisse voir le jour à Hendaye. Les socialistes, représentés par le maire Kotte Ecenarro, ont été absents des discussions. « Il n'y a eu aucun contact de sa part. Il est sur la ligne de Carole Delga, de ne pas avoir d'Insoumis sur sa liste », explique Alain Franchet.
Mais le point de crispation majeur réside dans l'alliance « contre nature » nouée par Kotte Ecenarro et les communistes avec le « centre droit » de l'ancien opposant Pascal Destruhaut. Malgré cette nouvelle donne, le Parti Communiste Français (PCF), autre partenaire habituel du NFP, a choisi de repartir en campagne avec le premier édile. « Cette décision interpelle nombre de nos concitoyens de gauche, qui ne se retrouvent plus dans cette cuisine électorale », fustige le tandem insoumis.
L'échec des discussions avec Hendaia Biltzen et ses conséquences
Restait le groupe Hendaia Biltzen, composé en grande partie d'abertzale mais se présentant d'abord comme « de gauche et citoyen ». Les premiers contacts ont eu lieu dès juin, mais ils se sont achevés en octobre. Selon Laetitia Navarron, tête de liste désignée d'Uni.es pour Hendaye, les discussions ont achoppé sur la question de la défense de la langue basque.
Alain Franchet concède des divergences sur ce sujet, mais considère que ce n'est pas le point de discorde central : « Même si on sait qu'il y a EH Bai derrière, Hendaia Biltzen ne voulait pas d'étiquette politique. Or, La France Insoumise a besoin de trouver un ancrage politique dans les territoires. » Les leaders insoumis sont d'autant plus chagrinés par cet échec qu'aux législatives de 2024, « le candidat d'EH Bai, Peio Dufau, investi au nom du Nouveau Front Populaire, a bénéficié aux deux tours de scrutin du soutien sans faille des Insoumis hendayais, assurant ainsi son élection », rappellent-ils.
Les options restantes et un appel au dialogue
Désireux de ne pas en rester là, les Insoumis hendayais ont encore l'option de partir seuls, mais Alain Franchet reconnaît que « c'est compliqué de trouver 33 personnes ». Aussi exhortent-ils Hendaia Biltzen à revoir ses positions, convaincus que ce qui rapproche les deux camps, notamment « le social et l'environnement », est plus fort que ce qui les sépare.
« Avec Hendaia Biltzen, on pourrait avoir un vrai projet de gauche de rupture, pour qu'Hendaye sorte la tête de l'eau sur la Côte basque », plaident-ils. Cette impasse électorale met en lumière les tensions au sein de la gauche locale et les défis de construction d'alliances à l'approche des municipales, avec le risque réel d'une absence de La France Insoumise sur les bulletins de vote hendayais.



