Crise au PS : Faure face à la fronde sur la stratégie pour 2027
Crise au PS sur la stratégie pour la présidentielle 2027

Une scène de Vaudeville au cœur du Parti socialiste

« Ça ressemble un peu à du théâtre, mais au PS, on en a vu d’autres… » Cette remarque résume l’atmosphère tendue qui régnait mardi soir lors du bureau national du Parti socialiste. La réunion a pris des allures de spectacle, avec le Premier secrétaire Olivier Faure face à une opposition de plus en plus frontale. Le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Boris Vallaud, accompagné de ses partisans, a claqué la porte avant la fin des débats. Ce geste spectaculaire traduit des désaccords profonds sur la stratégie à adopter pour la prochaine élection présidentielle de 2027.

Olivier Faure sous pression depuis plusieurs semaines

Malmené et critiqué pour son soutien à l’organisation d’une primaire de la gauche, excluant Jean-Luc Mélenchon, le patron du PS voit son leadership remis en question. Depuis des mois, il tente de mettre en place cette primaire en collaboration avec des figures comme François Ruffin, Marine Tondelier ou Clémentine Autain. Cependant, cette initiative est loin de faire l’unanimité au sein du parti.

L’opposition vient à la fois de l’aile droite, soutenant le maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol, et du camp de Boris Vallaud. Ce dernier pousse pour que les militants socialistes choisissent leur candidat avant l’été, afin de rassembler la gauche en vue de la présidentielle. « Les opposants à Faure demandaient un vote sur ce point, mais il a refusé de l’inscrire à l’ordre du jour, alors certains ont quitté le bureau. C’est beaucoup de psychodrame pour pas grand-chose… », explique Romain Eskenazi, député du Val-d’Oise et opposant.

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Un débat houleux sur la stratégie

« Il y a une dramatisation outrancière chez certains, 'pas content, pas content !', mais on est au PS, donc on débat. Un candidat c’est bien beau, mais candidat à quoi ? Une primaire ? La présidentielle ? Ne mettons pas la charrue avant les bœufs », réplique Arthur Delaporte, député PS du Calvados et soutien de Faure. Le Premier secrétaire s’est agacé des stratégies cachées de certains membres, soupçonnant des manœuvres pour préparer des candidatures, comme celles de Raphaël Glucksmann, François Hollande ou même Boris Vallaud.

« La question est de savoir si l’on est tous d’accord pour avoir une candidature commune hors-LFI ? Et comment on prépare une telle candidature ? Certains ne veulent pas de primaire, alors on fait comment ? Quand on les interroge, on n’a pas de réponse. Est-ce que ça nécessite des esclandres et des claquements de porte ? Je ne pense pas… », soupire Laurent Baumel, député PS d’Indre-et-Loire et soutien de Faure.

La proposition de « petite primaire » et ses critiques

« Olivier Faure ne peut pas imposer seul la primaire, il n’a jamais dit ça. Mais il a été élu avec une stratégie de rassemblement de la gauche, et à la fin ce seront les militants qui trancheront », défend Arthur Delaporte. La direction a proposé un vote des adhérents avant fin juin « sur le projet, le périmètre et les modalités de départage », reportant la désignation d’un candidat après l’été. Cette manœuvre a irrité les opposants, qui l’accusent de gagner du temps.

« Le problème de la primaire, c’est qu’elle n’inclut pas Glucksmann ni les communistes [qui refusent d’y participer]. C’est donc une petite primaire, qui ne peut pas susciter un élan assez fort pour être au second tour », critique Romain Eskenazi. Il ajoute : « Il faut donc désigner un candidat qui aura une légitimité forte pour trancher la ligne stratégique. »

Un parti profondément divisé

Fortement divisé, le Parti socialiste semble incapable de se mettre en ordre de marche pour la prochaine présidentielle. « Pour le moment il y a un blocage. Mais si le PS ne veut pas se suicider, ça ne peut que se débloquer », souligne Laurent Baumel, tout en restant prudent : « Même si avec nous, le pire n’est jamais exclu… » Cette crise interne révèle les tensions persistantes au sein de la gauche et les défis à relever pour présenter un front uni en 2027.

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