Les militants écologistes réunis ce week-end aux journées d'été à Grenoble affichent leurs divisions face à la présidentielle de 2027. Entre Jean-Luc Mélenchon, Raphaël Glucksmann et l'hypothèse d'une candidature de Marine Tondelier, les débats restent vifs, sur fond de crainte d'une victoire de l'extrême droite et d'appels à l'union de la gauche.
Des militants partagés entre les deux candidats
Entre orages et chaleur étouffante, la crainte de voir l'extrême droite arriver au pouvoir taraude tous les militants écologistes présents aux journées d'été à Grenoble, divisés, comme les cadres du parti, sur le choix à faire pour la présidentielle. "Il n'y a que de mauvaises solutions sur la table", juge Christian Metairie, 73 ans, qui comme tout le monde s'interroge. Faut-il préférer le leader de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon, comme le souhaite la députée Sandrine Rousseau, ou celui de la social-démocratie Raphaël Glucksmann, qui va bientôt se déclarer et que préfère le sénateur Yannick Jadot ?
"Il y a une situation assez angoissante pour tous ceux qui pensent au risque d'extrême droite", admet l'ancien maire d'Arcueil (Val-de-Marne). Mais "se rallier à l'un ou l'autre c'est contribuer à la désunion, on est sûr de perdre", estime-t-il, dans la lignée de la patronne des Ecologistes Marine Tondelier.
Un rejet marqué de Jean-Luc Mélenchon
Selon lui, il y a "un rejet très fort" des deux candidats chez les Ecologistes, mais "certains rejettent l'un plus que l'autre". Lui-même dit avoir "beaucoup de mal" avec l'Insoumis, qui lui fait "un peu peur", avec "ses déclarations antisémites", et "son soutien à tous les dictateurs d'Amérique du sud". S'il était au second tour, "j'aurais du mal à voter pour lui". Alors, même s'il reconnaît qu'une candidature écologiste ne gagnera pas non plus, il ne "l'exclut pas". "De toute façon il n'y aura que des candidatures de témoignage", dit-il, saluant en Marine Tondelier une "bonne secrétaire nationale". Mais même si cette dernière a été accueillie par des "Marine présidente" lors de son discours vendredi, "la présidentielle n'a jamais été une bonne élection pour nous", regrette-t-il.
Alors, il approuve le courrier que la direction du parti a envoyé aux autres formations de gauche, pour discuter du programme et trouver un chemin commun. "Sinon, on va droit dans le mur", prédit-il, rêvant d'un "sursaut", comme en 2024 avec la création du Nouveau Front populaire.
Des voix discordantes sur la stratégie à adopter
Alima, 60 ans, a la même espérance. Mais "on se retrouve avec la gauche la plus bête du monde", déplore la militante d'Argenteuil (Val d'Oise), qui ne veut pas donner son patronyme. Elle plaide pour "une candidature de rupture et une union la plus large possible", mais personne ne trouve grâce à ses yeux, pas même Jean-Luc Mélenchon, qui a "un ego surdimensionné". Ni Marine Tondelier, jugée "dans le système".
À l'inverse de ce pessimisme, Adrien Potocnjak-Vaillant considère au contraire la cheffe des écologistes comme la candidate idéale, certain que son parti se dirige vers une candidature autonome. Cet artiste de 41 ans aux cheveux longs pense qu'après la pire crise climatique du pays, "on est en train de prendre le leadership à gauche. Dans les faits, pas dans les urnes", concède toutefois cet originaire de Chambéry. "On doit s'émanciper des autres forces", assure-t-il. Pour lui aussi, la victoire de Jean-Luc Mélenchon serait "un danger", car "il a joué avec les codes de l'antisémitisme", il est "pro-Poutine" et "il y a un déni démocratique" dans ses rangs.
Des critiques qui ne sont "pas insurmontables" pour Aurore Barbier, 27 ans, car "la priorité est ailleurs et le quotidien des Français trop malmené". Même si "tout le monde est confus" et que le parti est "divisé sur Jean-Luc Mélenchon", "pour les jeunes" comme elle "c'est LFI", explique cette militante parisienne qui souhaite que Les Ecologistes entament rapidement un "dialogue de fond" avec la formation radicale. Et pas question de rallier Raphaël Glucksmann, qu'elle juge "parti dans un truc néo-libéral. On a toujours été plus à gauche que les socialistes", insiste celle qui a rejoint les Ecologistes en 2024, avec la "vague Tondelier". "Bien sûr que j'ai envie d'une candidature écologiste", relève-t-elle, "mais je fais avec la réalité".



