Chantal Delsol, philosophe et membre de l'Académie des sciences morales et politiques, s'est imposée comme une figure de proue du discours réactionnaire en France. À travers ses chroniques dans des journaux comme Le Figaro et Valeurs actuelles, elle critique vertement le progressisme et appelle à un retour aux valeurs traditionnelles. Son influence dépasse le cercle académique, touchant un public large en quête de repères dans une société en mutation.
Une pensée ancrée dans la tradition
Delsol puise ses inspirations dans la pensée contre-révolutionnaire, notamment de Joseph de Maistre et d'Edmund Burke. Elle dénonce ce qu'elle perçoit comme une dérive nihiliste de la modernité, où l'individu serait sacrifié au nom de l'égalitarisme et du multiculturalisme. Selon elle, la société française souffre d'une perte de sens, due à l'abandon des structures traditionnelles comme la famille, la nation et la religion. Dans son ouvrage Le Crépuscule de l'universel (2020), elle écrit : « L'universalisme moderne est une imposture qui nivelle les différences et détruit les identités particulières. »
Une stratégie médiatique efficace
La philosophe utilise les colonnes des journaux pour diffuser ses idées, mais aussi les plateaux de télévision et les réseaux sociaux. Elle participe régulièrement à des émissions comme Répliques sur France Culture ou On n'est pas couché sur France 2. Selon une analyse de l'Observatoire des médias, ses interventions ont augmenté de 40 % entre 2018 et 2023. Cette présence médiatique lui permet de toucher un public au-delà des cercles intellectuels, souvent sensible à ses critiques du « politiquement correct ».
Des critiques acerbes du progressisme
Dans ses chroniques, Delsol s'en prend régulièrement aux mouvements féministes, écologistes et antiracistes, qu'elle accuse de promouvoir une « idéologie victimaire ». Elle affirme que ces mouvements fragmentent la société en communautés rivales, affaiblissant la cohésion nationale. Dans un article de Le Figaro du 12 mars 2024, elle déclare : « Le féminisme contemporain n'est plus une lutte pour l'égalité, mais une guerre contre la différence des sexes. » Ces positions lui valent des soutiens dans les milieux conservateurs, mais aussi des critiques acerbes de la part d'intellectuels de gauche, qui la qualifient de « réactionnaire ».
Un héritage académique controversé
Élue à l'Académie des sciences morales et politiques en 2016, Delsol y occupe une position influente. Elle y défend une vision traditionaliste de la morale et de la politique, en opposition avec les tendances libérales de l'institution. Certains académiciens, comme le sociologue Alain Touraine, ont exprimé leur désaccord avec ses positions. « Elle représente une forme de pensée qui refuse le dialogue et la complexité du monde moderne », a-t-il déclaré dans Le Monde du 15 mai 2024. Malgré ces tensions, Delsol continue de publier et d'influencer le débat public.
Impact sur le paysage intellectuel français
Le succès de Chantal Delsol témoigne d'un regain d'intérêt pour les idées réactionnaires en France. Selon un sondage Ifop de 2023, 32 % des Français se disent favorables à un retour aux valeurs traditionnelles, contre 24 % en 2015. Cette tendance s'inscrit dans un contexte de crise identitaire et de défiance envers les institutions. Delsol capitalise sur ce sentiment, offrant une critique radicale de la modernité qui séduit une partie de l'opinion. Cependant, son influence reste limitée aux cercles conservateurs, et ses idées peinent à convaincre au-delà.



