Le président de la Ligue de football professionnel (LFP), Vincent Labrune, a annoncé ce mardi la tenue d'une assemblée générale extraordinaire le 10 septembre prochain. Cette réunion, qui se déroulera à Paris, aura pour objet principal la validation du nouveau calendrier des championnats de Ligue 1 et de Ligue 2, bouleversé par la crise sanitaire. Selon les informations de L'Équipe, les clubs professionnels devront également se prononcer sur la question des droits TV, un dossier sensible alors que les diffuseurs actuels ont demandé une renégociation des contrats en raison de la pandémie.
Un calendrier sous tension
Le calendrier proposé par la LFP prévoit un démarrage de la saison 2020-2021 le 23 août, avec une première journée qui pourrait se jouer à huis clos ou avec une jauge réduite, en fonction de l'évolution de l'épidémie. Les instances dirigeantes espèrent toutefois un retour progressif du public dans les stades dès le mois d'octobre. Ce scénario, qui reste conditionnel, a été élaboré en concertation avec les pouvoirs publics, comme l'a souligné Vincent Labrune lors d'un point presse : « Nous travaillons main dans la main avec le ministère des Sports pour offrir un spectacle de qualité tout en garantissant la sécurité sanitaire de tous. »
Les droits TV au cœur des débats
Le sujet le plus épineux reste toutefois la renégociation des droits TV. Le groupe Mediapro, qui détient les droits de la majorité des matchs de Ligue 1 pour un montant de 780 millions d'euros par an, a déjà fait part de ses difficultés à honorer ses engagements. Les présidents de clubs, réunis en bureau exécutif ce lundi, ont évoqué la possibilité d'une baisse de ces revenus, qui pourrait atteindre 20 % selon certaines estimations. Cette perspective inquiète fortement les clubs de taille moyenne, qui dépendent largement de ces recettes pour équilibrer leurs budgets.
Des clubs partagés
Face à cette situation, les réactions sont contrastées. Certains dirigeants, comme Jean-Michel Aulas (Lyon), plaident pour une renégociation à l'amiable et un étalement des paiements. D'autres, plus offensifs, envisagent de saisir la justice pour contraindre Mediapro à respecter ses contrats. Le président de l'OM, Jacques-Henri Eyraud, a quant à lui appelé à une « solidarité accrue » entre les clubs professionnels. L'assemblée générale du 10 septembre devra trancher ces questions, mais d'ores et déjà, le climat est lourd. Selon un sondage réalisé auprès des supporters, 62 % d'entre eux se disent préoccupés par l'avenir financier de leur club.
En attendant, les clubs préparent la reprise de l'entraînement, prévue pour la fin du mois de juin. Les joueurs devront se soumettre à des tests PCR réguliers et respecter un protocole sanitaire strict, comme le prévoit le guide élaboré par la LFP. Le championnat de France, qui a été interrompu en mars dernier, devrait donc reprendre ses droits dans un contexte inédit, marqué par l'incertitude économique et la menace d'une deuxième vague de Covid-19.



