Le village de la pointe de l'île a perdu, ce mercredi 13 mai, l'un de ses plus fidèles serviteurs. Gilles Duval, maire de Saint-Clément de 2008 à 2020, s'est éteint à 86 ans, laissant derrière lui le souvenir d'un homme de terrain au caractère bien trempé. Pour la presse, il était ce que l'on appelle « un bon client ». Avec lui, pas de langue de bois ni de discours aseptisés : le verbe était haut, le bon mot toujours prêt à jaillir, parfois piquant, souvent drôle, mais toujours sincère. Il aimait sa commune d'un amour exigeant et ne craignait jamais de monter au front pour défendre « son » bout de terre contre les vents contraires.
Un maire bâtisseur et modernisateur
Durant ses deux mandats, il n'aura eu de cesse de moderniser le village tout en préservant son âme. Sous son impulsion, Saint-Clément a rénové la salle polyvalente, devenue un équipement de haut vol. Son plus grand regret est de n'avoir pu faire aboutir le projet de logements sociaux qui lui tenait à cœur au lieu-dit le Moulin Rouge. La faute, martelait-il, à une association d'opposants qui fit capoter le projet.
Un « capitaine » face à la tempête Xynthia
Mais s'il est un souvenir qui restera gravé dans les mémoires, c'est celui de cette nuit tragique de février 2010. Alors que la tempête Xynthia malmenait les côtes, Gilles Duval est resté debout toute la nuit, face aux éléments. Sentinelle déterminée dans les ténèbres, il a arpenté le front de mer, surveillant les digues et coordonnant les secours, le téléphone greffé à l'oreille et les bottes dans l'eau. Il incarnait alors cette figure du maire rempart, celui qui ne dort pas quand son village tremble. Cette nuit-là, il fut le capitaine qui refuse d'abandonner le navire.
Sur la page Facebook de la mairie, Christophe Penot et son équipe municipale rendent hommage à l'homme de conviction, attaché aux valeurs de proximité, d'écoute et de solidarité. Aujourd'hui, les villageois se sentent un peu orphelins de sa gouaille et de sa poigne. À sa famille, à ses proches, et à tous ceux qui ont partagé ses combats, la rédaction de « Sud Ouest » adresse ses plus sincères condoléances.



