L'élection de Julien Picot, secrétaire départemental du Parti communiste français (PCF), à la présidence de la commission des finances de la ville de Nice, avec le soutien de la majorité d'Éric Ciotti (Union des droites pour la République-Rassemblement national), suscite des remous. Cette décision fait suite à une promesse de campagne de Ciotti, qui s'était engagé à ce que ce poste revienne à un membre de l'opposition.
Un engagement tenu sous les critiques
Lors des élections municipales, Éric Ciotti avait promis que la présidence de la commission des finances serait attribuée à l'opposition. Restait à savoir laquelle : celle des quatre élus de gauche ou celle des treize élus estrosistes. Le 22 avril, Julien Picot a été élu en commission, battant largement Gaël Nofri, candidat estrosiste. Ce dernier a dénoncé un « deal » entre Ciotti et Juliette Chesnel-Le Roux, tête de la liste écologiste-PS-PC. Selon Nofri, la majorité municipale a soutenu Picot, malgré sa propre candidature spontanée.
Le contexte politique
Gaël Nofri avait déjà évoqué ce possible accord lors du conseil municipal du 13 avril, ironisant sur la décision de Ciotti d'abaisser le nombre d'élus nécessaires pour former un groupe de six à quatre, permettant à la gauche d'en constituer un. Il avait également lié cette décision au maintien de la liste de gauche au second tour, créant une triangulaire favorable à Ciotti, et au recours de Chesnel-Le Roux contre les résultats, permettant à Ciotti de conserver son mandat de député plus longtemps. « Dans un monde un peu complotiste, certains seraient peut-être amenés à essayer de relier ces trois événements », avait-il lancé. Julien Picot a répondu lors du conseil municipal du 24 avril : « Votre candidature n'a même pas été suivie par votre propre groupe. Le ridicule ne vous tue pas. »
Le soutien de Ciotti à Picot
Lors du conseil métropolitain du 24 avril, Éric Ciotti a confirmé son soutien à Julien Picot pour la présidence de la commission des finances de la Métropole, après que Picot a réclamé une saisine de la chambre régionale des comptes face à la situation financière de la Métropole. Ciotti a déclaré : « M. Picot, je soutiendrai votre candidature, car je m'étais engagé à ce qu'elle soit présidée par un membre de l'opposition. La démocratie, c'est aussi le contrôle, et tout pouvoir nécessite des contre-pouvoirs. »
Les réactions à gauche
À gauche, certains critiquent cette alliance. Fabrice Decoupigny, écologiste opposant à Christian Estrosi, a fustigé le maintien de la liste de gauche au second tour et l'acceptation de la présidence de la commission des finances d'une mairie « frontiste ». Il a écrit sur Facebook : « Bravo à la gauche niçoise qui participe à la normalisation de l'extrême droite. » Julien Picot s'est justifié dans un communiqué : « Les conseillers municipaux de gauche ont été élus pour agir, pas pour être de simples spectateurs. La présidence de la commission des finances permet d'accéder à des informations précieuses. Notre seule boussole, c'est l'intérêt général. » Olivier Salerno (La France insoumise) n'y voit pas de problème : « Julien Picot fait son travail d'élu. Il n'y a rien qui me choque. »



