Les dernières élections municipales l'ont une fois de plus démontré : malgré les cris de victoire de tous les partis, la grande gagnante est l'abstention. De nombreux facteurs expliquent cette défection citoyenne. Personnellement, je l'analyse comme un gouffre énorme qui s'est creusé depuis des années entre les instances de la République et le citoyen.
Un exemple concret : la gravière de mon village
Pour illustrer mon propos, prenons un dossier qui m'est cher : l'installation d'une gravière dans mon village. Lors de l'enquête publique en 2014, de nombreuses personnes se sont opposées au projet. Le bras de fer juridique a duré dix ans, jusqu'à ce que l'exploitation soit finalement retoquée par différentes instances juridiques. Mais voilà que le projet revient à la charge avec quasiment le même dossier, savamment remanié par les avocats et les techniciens.
Une procédure « modernisée » qui défavorise les citoyens
La nouvelle procédure dite de « modernisation » pour les autorisations environnementales accélère le processus et laisse peu de temps aux personnes et associations pour se mobiliser, déposer des recours, etc. Comment voulez-vous que des citoyens qui ont tenu à rester dans les clous au niveau juridique, qui ont donné de leur temps et de leur argent, ne soient pas dégoûtés ? Dans les faits, les « petits » ont peu de poids contre « les gros ».
Les conséquences sur la participation électorale
Il n'est pas étonnant que certains se tournent vers les extrêmes, tandis que d'autres préfèrent « aller à la pêche » plutôt qu'à l'isoloir. Ce fossé grandissant entre les citoyens et les institutions est une menace pour la démocratie. Il est urgent de rétablir la confiance et de donner aux citoyens les moyens de se faire entendre.



