L'administration Trump maintient sa traque des immigrés malgré les promesses de modération
Trump maintient la traque des immigrés malgré les promesses

Les promesses non tenues de l'administration Trump sur l'immigration

En janvier 2026, les rues de Minneapolis ont été le théâtre de manifestations monstres. La colère populaire faisait suite à la mort de deux citoyens américains s'opposant à la police de l'immigration américaine, l'ICE, et contestait les arrestations massives opérées par les agents fédéraux. Pour apaiser les tensions, l'administration Trump avait promis de modifier son approche : moins d'expulsions et des incarcérations plus ciblées.

Une baisse des arrestations en trompe-l'œil

Pourtant, des enquêtes journalistiques révèlent qu'en dépit des annonces officielles, les agents fédéraux de l'immigration poursuivent de façon soutenue la traque des personnes immigrées sans casier judiciaire. Selon les données de l'ICE, le nombre d'arrestations a légèrement diminué pour atteindre environ 7 000 par semaine en février, contre 9 000 au début du mois de janvier.

Parmi les personnes interpellées, 42 % n'avaient aucun antécédent judiciaire. Cette réalité contredit les déclarations de Tom Homam, conseiller spécial à l'immigration de la Maison-Blanche, qui affirmait que toutes les opérations seraient désormais ciblées sur « les étrangers criminels, les menaces à la sécurité publique et nationale ».

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Le point d'inflexion des décès de janvier 2026

La mort de Renée Good et Alex Pretti, les 7 et 24 janvier 2026, tués par des agents fédéraux, a marqué un tournant dans l'opinion publique américaine. Les sondages indiquaient qu'une majorité de la population estimait que l'administration était allée trop loin dans sa politique anti-immigration.

D'autres témoignages continuent d'alimenter la polémique, comme celui d'Annie Ramos, une étudiante en biochimie de 22 ans mariée à un sergent de l'armée de terre, récemment arrêtée. Cette affaire illustre le profond malaise qui persiste même chez les électeurs favorables à une politique migratoire plus ferme.

Les chiffres qui démentent les discours

Stephen Miller, conseiller à la sécurité intérieure, s'était fixé comme objectif 3 000 arrestations par jour au printemps dernier. Un chiffre jamais atteint : au plus fort, les agents fédéraux ont arrêté 1 900 personnes en une journée en juin 2025. Les statistiques les plus récentes indiquent que l'ICE arrête désormais 933 personnes quotidiennement.

Malgré cette baisse relative, les chiffres actuels restent trois fois supérieurs à ceux de 2024, dernière année de l'administration Biden. Depuis janvier 2025, l'ICE a arrêté 273 000 immigrés, avec ou sans casier judiciaire.

Une répression par d'autres moyens

Confronté à l'impasse, Stephen Miller revoit sa stratégie. Il milite pour de nouvelles mesures visant à restreindre davantage les conditions de vie des immigrants sans papiers ou légaux :

  • Rendre plus difficile l'accès au logement social
  • Restreindre l'accès aux aides sociales
  • Bloquer la délivrance de cartes vertes aux immigrants susceptibles d'avoir besoin d'aides sociales

La voie fédérale et les initiatives locales

Stephen Miller collabore également avec des élus républicains de plusieurs États pour faire adopter des lois anti-immigration au niveau local. Au Tennessee, un texte obligerait les fonctionnaires des hôpitaux ou des écoles à signaler les personnes immigrées bénéficiant de services sociaux. Une législation similaire a été introduite en Oklahoma.

Le mois dernier, le conseiller de la Maison-Blanche avait également encouragé les élus texans à voter la suppression du financement public de l'école pour les enfants sans papiers. Il aurait également demandé des informations sur la manière dont les personnes sans-papiers utilisent leur carte de crédit, probablement pour réfléchir à des mesures limitant leur capacité bancaire.

En cherchant à multiplier les expulsions, l'administration Trump a ravivé un débat clivant sur l'identité américaine. Confrontée à une levée de boucliers, elle tente désormais de contourner les obstacles par des moyens alternatifs, tout en maintenant une pression constante sur les populations immigrées.

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