Un bilan mitigé pour les titres de séjour des métiers en tension
Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a communiqué des chiffres révélateurs concernant l'attribution de titres de séjour aux travailleurs étrangers dans les secteurs dits « en tension ». Selon un télégramme adressé aux préfets et consulté par l'AFP mercredi, seulement 1.655 titres de séjour ont été délivrés en 2025 à des travailleurs étrangers pour être recrutés dans ces métiers spécifiques. Cette donnée souligne les difficultés persistantes dans la gestion de ces procédures administratives.
Un taux d'instruction des dossiers préoccupant
Dans ce même document, le ministre a précisé que « seuls 50% des dossiers » déposés avaient été instruits par les préfectures l'année dernière. Cette situation met en lumière les retards et les obstacles bureaucratiques auxquels sont confrontés les demandeurs. Laurent Nuñez a indiqué que la tendance « est identique sur les premiers mois de 2026 », ce qui suggère une continuité des problèmes observés.
Le ministre a donc demandé aux préfets de « veiller à la bonne mise en œuvre » de cette disposition, tout en rappelant qu'elle ne crée pas de droit opposable, ni pour les partenaires sociaux ni pour les étrangers concernés. Cette précision juridique vise à éviter toute interprétation erronée des règles en vigueur.
Environ 80 métiers concernés par cette mesure
Selon la liste actualisée en mai 2025, environ 80 métiers sont considérés comme « en tension ». Cette catégorisation permet aux travailleurs sans-papiers de ces secteurs de prétendre à un titre de séjour, sous certaines conditions strictes :
- Justifier de douze mois de bulletins de salaire au cours des vingt-quatre derniers mois
- Avoir trois ans de résidence en France
Cette disposition offre également des avantages aux employeurs. Elle permet aux patrons confrontés à des difficultés de recrutement de garder leurs employés et d'écarter le risque d'une condamnation. En effet, l'emploi d'une personne en situation irrégulière est passible d'une peine pouvant aller jusqu'à 30.000 euros d'amende et cinq ans d'emprisonnement.
Renforcement des mesures d'éloignement
Dans son télégramme, le ministre de l'Intérieur a également abordé la question de l'éloignement des étrangers en situation irrégulière. Il a prôné une « implication personnelle » des préfets sur le suivi et le placement en rétention de ces individus, notamment lorsque leur comportement représente une menace pour l'ordre public.
Laurent Nuñez a insisté sur la nécessité de poursuivre « avec détermination » l'éloignement de ces personnes. Il a révélé que leur nombre a progressé de 8,3% en février par rapport à février 2025, indiquant une augmentation des actions menées dans ce domaine.
Ces informations mettent en évidence les défis complexes auxquels font face les autorités françaises dans la gestion de l'immigration professionnelle et des situations irrégulières. Les chiffres présentés soulignent la nécessité d'une meilleure coordination entre les différents acteurs impliqués, tout en respectant les cadres juridiques établis.



