Une mobilisation citoyenne contre une décision d'expulsion jugée inique
Plus d'une centaine de personnes se sont rassemblées ce mercredi 15 avril devant les grilles de la préfecture du Gard à Nîmes pour exprimer leur soutien à Saïda, une adolescente de 16 ans originaire d'Azerbaïdjan, et à sa famille, qui font face à une obligation de quitter le territoire français (OQTF) depuis le 21 février dernier. Cette manifestation solidaire, organisée par le collectif des enseignants du lycée Daudet où est scolarisée la jeune fille, visait à dénoncer une décision administrative perçue comme profondément injuste par les participants.
Une situation familiale complexe aggravée par des enjeux médicaux
La famille de Saïda a déposé un recours auprès du tribunal administratif début avril, espérant ainsi faire évoluer leur situation. Un élément crucial de leur dossier repose sur l'avis d'un médecin concernant le frère de Saïda, qui présente un polyhandicap à 80%. Bien que ce dernier puisse théoriquement être soigné en Azerbaïdjan, sa sœur souligne que les coûts de suivi seraient prohibitifs et, surtout, que cela l'empêcherait de bénéficier d'une scolarité adaptée comme celle qu'il reçoit actuellement à l'IME La Cigale de Nîmes.
"Quand je vois autant de soutien, ça me donne encore plus envie de m'investir", confie Saïda, visiblement émue par l'élan de solidarité. "J'espère qu'ils rendront une décision juste", ajoute-t-elle en référence à la procédure judiciaire en cours.
Les enseignants en première ligne pour défendre leur élève
Les professeurs de Saïda se sont fortement mobilisés, organisant déjà un premier rassemblement avant celui de ce mercredi. Une délégation enseignante a même été reçue en préfecture il y a une quinzaine de jours. "On a vraiment eu l'impression d'être face à une machine administrative", déplorent deux de ses professeurs, qui jugent la situation inéquitable. Ils rapportent que les autorités ont invoqué la crainte de créer un "appel d'air" pour justifier le maintien de l'OQTF.
Vincent Perfettini, ancien professeur de Saïda et représentant du Snes-FSU du Gard, insiste sur le potentiel de la jeune fille : "On veut qu'elle continue sa scolarité chez nous, sans être inquiétée par cette situation, car elle est très talentueuse. Un talent qui sera largement bénéfique pour la France."
Un appel direct au préfet pour un geste d'humanité
Le rassemblement, soutenu par de nombreuses associations locales, a culminé par un appel direct aux autorités préfectorales. Les participants demandent unanimement que le préfet du Gard use de son pouvoir discrétionnaire pour permettre à Saïda et à sa famille de rester sur le territoire français, arguant de leur intégration et de la situation médicale particulière du frère handicapé.
Cette mobilisation illustre les tensions récurrentes entre les impératifs de la politique migratoire et les considérations humaines, mettant en lumière le parcours administratif souvent éprouvant des familles étrangères en situation irrégulière. L'issue du recours déposé au tribunal administratif est désormais attendue avec une vive attention par tous les soutiens de la famille.



