Édouard Philippe défend une immigration de travail choisie et une normalisation avec l'Algérie
Philippe : immigration choisie et normalisation avec l'Algérie

Édouard Philippe défend une immigration de travail choisie et une normalisation avec l'Algérie

Le candidat Horizons à la présidentielle, Édouard Philippe, a exposé mardi ses propositions sur l'immigration, plaidant pour une approche pragmatique et une révision des relations diplomatiques avec l'Algérie. Dans une interview au Figaro, l'ancien Premier ministre a détaillé sa vision d'une politique migratoire axée sur les besoins économiques et le contrôle des flux.

Une immigration de travail « choisie et contrôlée »

Édouard Philippe a insisté sur la nécessité d'assumer le recours à l'immigration pour compenser le déclin de la population active en France. « Il faut assumer qu'on a besoin d'une immigration parce qu'on a une population active qui se contracte », a-t-il déclaré, citant l'exemple de l'Italie où la présidente du conseil, Giorgia Meloni, a délivré 500 000 visas de travail. Cette position vise à orienter l'immigration vers les secteurs en tension, tout en limitant les abus.

Limitation du regroupement familial et révision constitutionnelle

Sur la question épineuse du regroupement familial, Édouard Philippe propose de restreindre son application. Il évoque la possibilité de modifier la Constitution pour interpréter différemment l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, qui garantit le respect de la vie privée et familiale. « On peut aussi modifier la Constitution pour dire : voilà comment on interprète l'article 8, on a une interprétation différente et on l'assume », a-t-il affirmé, sans fournir plus de détails. Actuellement, le regroupement familial permet aux étrangers résidant légalement en France depuis plus de 18 mois (12 mois pour les Algériens) de faire venir leur famille, sous certaines conditions.

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Normalisation des relations avec l'Algérie pour faciliter les expulsions

Édouard Philippe a pointé du doigt les difficultés d'expulsion des personnes sous obligation de quitter le territoire français (OQTF), attribuant ce problème à un manque de puissance de la France. « Si on veut faire fonctionner ces instruments, il faut qu'on soit plus puissant et qu'on fasse marcher le rapport de force », a-t-il expliqué. Pour y remédier, il défend une « normalisation » des relations avec l'Algérie, qui refuse actuellement de recevoir ses ressortissants expulsés en raison de tensions diplomatiques. « Il n'y a aucune raison de laisser perdurer un état du droit qui laisserait penser qu'on a une relation particulière avec l'Algérie », a argumenté le maire du Havre.

Positionnement politique et perspectives électorales

Édouard Philippe, bien placé dans les sondages pour accéder au second tour de la présidentielle de 2027, apparaît également en capacité de l'emporter face à Jordan Bardella, selon une étude Odoxa-Mascaret publiée mardi. Ses propositions sur l'immigration s'inscrivent dans une stratégie visant à renforcer son crédibilité sur les questions de sécurité et de souveraineté, tout en répondant aux préoccupations économiques. Cette approche pourrait lui permettre de séduire un électorat large, soucieux d'équilibre entre ouverture et contrôle.

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