L'ICE quitte Minneapolis mais étend ses mégacentres de détention aux États-Unis
ICE étend ses mégacentres de détention aux États-Unis

L'ICE quitte Minneapolis mais intensifie son réseau de détention à travers les États-Unis

Si la police de l'immigration américaine, connue sous le nom d'ICE, a effectivement quitté la ville de Minneapolis, où elle a réalisé plus de 4 000 arrestations depuis novembre et été impliquée dans la mort de deux citoyens américains, Renee Good et Alex Pretti, son activité ne faiblit pas pour autant. Selon le département de la Sécurité intérieure (DHS), l'agence continue d'opérer activement dans d'autres villes démocrates à travers le pays, soutenue par des financements gouvernementaux massifs dédiés à la politique d'immigration.

Des investissements colossaux dans des mégacentres de détention

Comme le révèle un rapport de Bloomberg, le DHS a procédé à l'acquisition de 23 entrepôts à l'échelle nationale, avec l'objectif de les transformer en centres de détention de grande envergure pour les immigrants. À titre d'exemple, l'achat de seulement deux de ces entrepôts a représenté un coût de 172 millions de dollars. Parmi ces sites, un entrepôt situé à Hutchins, au Texas, pourrait devenir l'une des plus grandes prisons du pays, avec une capacité prévue de 9 500 lits.

Le 16 janvier, toujours selon Bloomberg, le gouvernement américain a déboursé 102 millions de dollars pour acquérir un terrain près de Hagerstown, dans le Maryland. Une semaine plus tard, 70 millions de dollars supplémentaires ont été alloués pour l'achat d'un entrepôt à Surprise, en Arizona. Ces montants ne tiennent pas compte des budgets supplémentaires nécessaires pour les rénovations et les aménagements de ces futurs centres de détention.

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Des dépenses opaques et des pratiques controversées

L'administration Trump ne recule devant aucune dépense en matière d'immigration. Selon le Washington Post, elle a notamment consacré 40 millions de dollars en 2025 pour renvoyer quelques centaines d'immigrants vers au moins deux douzaines de pays étrangers, via des accords financiers opaques. Ces pays, souvent critiqués pour leurs violations des droits humains, ne sont pas les nations d'origine des immigrants déportés, et ces derniers ne parlent généralement pas la langue locale.

Un rapport publié ce vendredi par des sénateurs démocrates, consulté par le Washington Post, soulève des inquiétudes quant au manque de contrôle du DHS sur l'utilisation des fonds versés à ces pays. Il met en lumière des risques potentiels de détournement d'argent et de mauvais traitements infligés aux immigrants placés sous leur tutelle.

Des arrestations ciblant des populations non criminelles

Officiellement, l'ICE affirme cibler « les immigrants illégaux », les « criminels », les « terroristes », et « les pires des pires », selon les termes de l'administration Trump. Cependant, dans la pratique, des rapports indiquent que des agents fédéraux ont arrêté des immigrants en situation régulière, détenteurs de visas, bénéficiaires d'une green card, de la nationalité américaine ou d'un statut de demandeur d'asile.

Selon un document interne du DHS, consulté par CBS News, moins de 14 % des près de 400 000 immigrants arrêtés par l'ICE en 2025 ont été inculpés ou condamnés pour des infractions violentes. Plus de 70 % d'entre eux n'avaient aucun casier judiciaire, remettant en question la justification des arrestations massives.

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