Hubs de retour : l'Europe durcit sa politique migratoire avec des centres hors UE
Le Parlement européen a validé, ce jeudi 26 mars, la création de hubs de retour, des centres situés hors de l'Union européenne destinés à regrouper et détenir les migrants faisant l'objet d'une obligation de quitter le territoire européen (OQTF). Ce dispositif controversé vise à accroître l'efficacité des expulsions vers les pays tiers, alors que seulement 20 % des décisions de renvoi sont actuellement exécutées au sein de l'UE.
Un projet soutenu par l'Italie et l'Allemagne
Le projet est fortement soutenu par l'Italie de Giorgia Meloni, qui en a fait un pilier de sa lutte contre l'immigration irrégulière. Un test a été mené en Albanie, où un centre accueillait environ 90 personnes en février. L'Allemagne, l'Autriche, la Grèce et les Pays-Bas étudient également ce modèle, malgré l'abandon d'un projet similaire entre le Royaume-Uni et le Rwanda en raison d'obstacles judiciaires.
Le ministre allemand de l'Intérieur, Alexander Dobrindt, espère conclure des accords avec des pays tiers d'ici la fin de l'année pour mettre en place ces centres. Cependant, la France et l'Espagne restent sceptiques, exprimant des doutes sur l'efficacité du dispositif et se tenant en retrait des discussions.
Fonctionnement et critiques des hubs de retour
Concrètement, un hub de retour servirait de zone de transit sécurisée pour les migrants dont la demande d'asile a été rejetée, avant leur renvoi définitif vers leur pays d'origine. Le texte approuvé prévoit une reconnaissance mutuelle des expulsions entre les 27 États membres, permettant à un pays d'envoyer un migrant dans un hub géré par un autre État.
Il inclut également des sanctions accrues pour les déboutés d'asile refusant de quitter l'UE, telles que des confiscations de documents d'identité, des détentions et des interdictions d'entrée prolongées. Les ONG, comme l'International Rescue Committee, dénoncent un recul historique des droits humains, s'inquiétant de la détention de personnes vulnérables, y compris des enfants.
Mise en place et défis à venir
Bien que le Parlement européen ait validé le dispositif, des négociations finales doivent encore avoir lieu à Bruxelles pour fixer les modalités juridiques précises. Les 27 devront s'accorder avec des pays tiers pour héberger ces hubs, probablement en échange de contreparties financières ou politiques.
Ce durcissement migratoire, réclamé par une majorité d'États membres et salué par les eurodéputés de droite et d'extrême droite, marque un tournant dans la politique européenne. Il soulève toutefois de vives inquiétudes quant au respect des droits fondamentaux et à la coopération entre les nations de l'UE.



