John Sellers, un Britannique de 34 ans, a été expulsé de Suède en janvier dernier après vingt-quatre années passées dans le pays, malgré son mariage récent avec une Suédoise. Son histoire, rapportée par The Guardian, illustre selon lui les conséquences désastreuses du Brexit. L'enseignant a décidé de saisir les médias pour dénoncer la politique de la Suède en matière d'expulsion des ressortissants britanniques.
Un parcours marqué par les refus administratifs
Originaire de l'Essex, John Sellers est arrivé en Suède avec ses parents à l'âge de 10 ans. Il y est resté même après le décès de son père et le retour de sa mère en Angleterre. En septembre 2021, il avait demandé la nationalité suédoise, mais sa naturalisation lui a été refusée. Le trentenaire a ensuite déposé deux demandes pour continuer à vivre en Suède, au titre des liens familiaux avec son épouse, Caroline. Là encore, il a été débouté.
Une politique intransigeante de l'Agence des migrations
Avant le Brexit, la Suède n'expulsait les ressortissants de l'UE que dans des circonstances exceptionnelles, liées à des menaces contre la sécurité nationale. Pour rester en Suède après le Brexit, les Britanniques devaient déposer une demande officielle, mais nombre d'entre eux l'ignoraient et ne l'ont pas fait. Selon The Guardian, l'Agence des migrations se montrerait trop intransigeante envers les requêtes tardives de ces étrangers. La Suède est d'ailleurs le pays de l'UE qui a expulsé le plus de Britanniques dans le cadre du Brexit : 2 500 depuis 2021, soit un tiers du nombre total dans les États membres.
« La Suède, c'est chez moi »
« Il est temps que les gens sachent comment les Britanniques sont traités ici, et il est temps de montrer les conséquences du Brexit. Nous avons trop longtemps gardé le silence », dénonce John Sellers. Son épouse, Caroline, ne peut pas le rejoindre en Angleterre en raison de soucis de santé. « On m'a arraché l'amour de ma vie, mon âme sœur », déplore l'enseignant. « Nous voulons simplement passer notre vie ensemble, et c'est tellement difficile de devoir se battre pour cela », confie de son côté Caroline.
Le couple espère que la médiatisation de son histoire alertera les élus de Bruxelles sur la situation des Britanniques en Suède. Le cas de John Sellers est loin d'être isolé. Une veuve de 78 ans a jusqu'au 7 septembre pour quitter le territoire, après vingt-et-une années sur le sol suédois. Un autre citoyen britannique, atteint de démence, a quant à lui bénéficié d'un sursis jusqu'au 28 septembre avant son expulsion. « Chaque fois que je viens en Angleterre, j'ai l'impression d'être un touriste. La Suède, c'est chez moi », conclut John Sellers.



