Bardella fustige la politique migratoire espagnole lors d'un sommet à Porto
Lors d'une rencontre des Patriotes pour l'Europe à Porto, au Portugal, Jordan Bardella, président du Rassemblement national et chef de ce groupe au Parlement européen, a vivement critiqué la décision du gouvernement espagnol de régulariser près d'un demi-million de sans-papiers. Selon lui, l'Espagne représente désormais "la porte d'entrée de la submersion migratoire de l'Europe", une mesure qu'il juge contraire aux tendances de durcissement observées ailleurs sur le continent.
Une régularisation massive aux conséquences européennes
Ce programme de régularisation, destiné à soutenir l'économie dynamique de l'Espagne, pourrait bénéficier à environ 500 000 personnes, majoritairement originaires d'Amérique latine. Bardella estime que ces appels à la régularisation "sont là pour permettre à la gauche espagnole de se créer un électorat de substitution". Il ajoute que cette politique a des conséquences considérables non seulement pour les équilibres de la société espagnole, mais aussi pour tous les pays voisins frontaliers de l'Espagne.
Un plaidoyer pour un Schengen restreint aux citoyens européens
Le leader du RN en a profité pour défendre une refonte de l'espace Schengen. Il plaide pour que la libre circulation dans les pays de l'Union européenne signataires des accords de Schengen soit strictement réservée aux citoyens des pays de l'Union européenne. Pour Bardella, Schengen doit redevenir un projet européen authentique, recentré sur ses membres.
Réponse cinglante à Bruno Retailleau
Cette sortie intervient dans un contexte de vives réactions politiques. Lundi, Bruno Retailleau, candidat LR à la présidentielle en France, avait appelé à mettre l'Espagne "au ban des nations européennes" suite à l'annonce du gouvernement Sánchez. Bardella a répondu avec ironie, soulignant être "un petit peu gêné par ces propos". Il rappelle qu'il n'y a jamais eu autant d'immigration en France que lorsque M. Retailleau était ministre de l'Intérieur. Selon lui, ces déclarations et agitations servent surtout à faire oublier le propre bilan du candidat LR sur cette question.
Ce débat illustre les profondes divisions au sein de l'Europe sur la gestion des flux migratoires, alors que l'Espagne opte pour une voie inclusive face à une tendance générale au durcissement.



