Violences : deux élus nîmois appellent à rétablir l'ordre et le dialogue
Violences : deux élus nîmois appellent à l'ordre et au dialogue

Deux élus nîmois, le sénateur LR Laurent Burgoa et le maire PCF et président de la métropole Vincent Bouget, ont publié des tribunes dans Midi Libre pour tracer des issues face aux violences qui ont secoué la France le week-end du 17 octobre 2026. Leurs positions divergent nettement : le premier appelle à un rétablissement ferme de l'ordre républicain, tandis que le second prône un retour au dialogue social.

Laurent Burgoa : « N'attendons pas un drame pour agir »

Dans sa tribune, le sénateur LR dénonce une « minorité violente » qui, « sous l'influence des mouvements de l'extrême gauche », a « piétiné notre pacte républicain » et provoqué des « scènes d'une violence insoutenable, dignes de véritables scènes de guérilla ». Il exprime son soutien aux forces de l'ordre, aux sapeurs-pompiers et aux commerçants victimes, « fragilisés par le commerce en ligne » et qui « font vivre nos centres-villes ». Selon lui, « les laisser seuls face à cette violence serait une faute ».

L'élu dénonce également les « discours relativistes » qui « nourrissent la défiance envers la classe politique et renforcent les extrêmes, au premier rang desquels le Rassemblement national ». Il appelle sa famille politique à « parler avec clarté et fermeté » et à ne pas « abandonner l'ordre républicain à ceux qui prospèrent sur les peurs et les colères ». Il estime que les revendications lycéennes, qui « pouvaient être entendues et débattues », sont désormais « étouffées par des violences étrangères au débat démocratique ».

Des mesures concrètes : loi « casseurs-payeurs » et état d'urgence

Pour répondre à cette situation, Laurent Burgoa préconise plusieurs mesures. Il demande notamment la promulgation de la loi « casseurs-payeurs », afin que « les auteurs de dégradations réparent les dommages causés ». Il soutient également la mobilisation des « dispositifs juridiques permettant de rétablir la sécurité, y compris l'état d'urgence ». Le sénateur appuie la mission d'information souhaitée par la commission des lois du Sénat, qui devra « éclairer les dysfonctionnements et expliquer pourquoi certains commerçants n'ont pas été suffisamment protégés ».

Il réclame aussi le renforcement des prérogatives des polices municipales, une mesure « votée au Sénat » mais qui « attend son adoption à l'Assemblée nationale ». Il plaide pour une « réponse pénale ferme, rapide et effective », avec des peines « réellement exécutées ». Il soutient en outre « la remise en cause des aides sociales pour les personnes impliquées dans ces violences », estimant que « la solidarité nationale suppose des devoirs et le respect des règles communes ». Enfin, il propose que les travaux d'intérêt général « bénéficient davantage à nos collectivités » : « Ceux qui dégradent nos villes doivent contribuer à les réparer. »

Vincent Bouget : « On ne peut gouverner en ne faisant pas confiance à sa population »

De son côté, Vincent Bouget, dans sa tribune, évoque « la journée du 17 octobre 2026 » qui « a laissé des traces » : attaques de commerces, incendie de la mairie de Limoges, dégradations de bâtiments publics. Il exprime sa solidarité avec les commerçants nîmois et les élus des villes dont les mairies ont été visées, tout en rappelant que « la violence ne peut jamais être une réponse efficace à la colère ».

Le maire PCF critique la stratégie du maintien de l'ordre, qui « n'a absolument pas prévenu les dégradations sans pour autant garantir le droit de manifester dans de nombreuses villes ». Il constate que « le gouvernement n'apporte toujours pas de réponse aux revendications des nombreux manifestants, qui aspirent dans leur immense majorité à une issue pacifique et politique ». Il évoque la dénonciation par les syndicats de salariés, mercredi 21 octobre, du « mépris du gouvernement face aux revendications », et le choix de l'exécutif d'« interdire les manifestations ».

Le dialogue rompu par « dix années de pouvoir vertical »

Pour Vincent Bouget, « ce n'est pas en instrumentalisant la violence et la casse pour empêcher l'expression des revendications que l'on peut créer les conditions du retour au calme ». Il estime que le gouvernement ne peut pas « se cacher éternellement derrière les difficultés budgétaires de la France » pour refuser de répondre aux « besoins criants d'une partie de la population ». Selon lui, « les solutions ne peuvent être que politiques », et « les moyens d'action de l'État ne manquent pas pour aider les Français face à la vie chère, pour répondre aux revendications des lycéennes et des lycéens, pour améliorer les services publics ».

Il analyse que « le dialogue a été rompu par dix années d'exercice d'un pouvoir toujours plus vertical, qui a détruit les corps intermédiaires, qui n'a jamais fait le choix de la négociation, qui a décidé que la réponse à toute contestation devait être principalement répressive ». Il appelle à « réparer des fractures qui n'ont fait que s'accroître dans la dernière décennie ». Pour trouver une issue, il demande au gouvernement de « renouer le dialogue, ouvrir des négociations sociales avec un calendrier et des engagements précis, tout en apportant des réponses immédiates face à la vie chère ». Il conclut : « On ne peut gouverner un pays en ne faisant pas confiance à sa population, on ne peut pas préparer l'avenir d'un pays en méprisant sa jeunesse. »