Bruno Retailleau, président du parti Les Républicains, a répondu ce vendredi aux critiques de Laurent Wauquiez par médias interposés. Dans une interview à La Provence, il a qualifié la présidentielle de "cap Horn", évoquant les tempêtes à affronter.
Une passe d'armes entre ténors LR
Mercredi, Laurent Wauquiez avait déclaré dans Le Figaro tout le bien qu'il pensait d'Édouard Philippe, candidat Horizons, et pressé Bruno Retailleau d'abandonner ses ambitions élyséennes, le créditant d'environ 10 % d'intentions de vote. "Il faut, le plus tôt possible, savoir se retirer si c'est nécessaire", jugeait Wauquiez.
Bruno Retailleau, se qualifiant de "marin", a estimé que "la présidentielle, c'est le cap Horn, on sait qu'il y a des tempêtes." Il a ajouté : "Je ne suis pas encore dans les 40e rugissants, je ne souhaite pas assez de mal à Édouard Philippe pour vouloir que Laurent Wauquiez le soutienne. Il n'a pas mérité cela."
"Les Français sont dégoûtés"
Le chef des LR a déclaré que les Français étaient "dégoûtés" par les volte-faces de Laurent Wauquiez, sans pour autant l'exclure du parti. "Le pire de tout ce qui vraiment dégoûte les Français, c'est de retourner sa veste si souvent", a-t-il lancé à son arrivée aux Rencontres économiques d'Aix-en-Provence.
"J'ajouterai que ça me sert finalement", a-t-il ironisé, assurant que la prise de position en faveur de son rival interne le rend "chaque jour un peu plus sympathique". Il a ajouté : "Les gens partent avec les sondages et reviennent avec les suffrages."
Stratégie et sondages
Bruno Retailleau stagne autour de 9 % dans les enquêtes d'opinion, mais affirme "tracer sa route" pour proposer un projet aux Français qui ne soit ni macroniste (selon lui, celui d'Édouard Philippe ou Gabriel Attal) ni celui du RN, qu'il qualifie de "girouette".
"Je ne crois pas que les Français choisiront la saison 3 du macronisme avec Édouard Philippe ou Gabriel Attal, parce qu'après dix ans d'En marche, plus rien ne marche", affirme-t-il. Il assume de s'adresser aux électeurs du Rassemblement national : "Certains viennent de chez nous et ont été déçus par une droite honteuse, je veux tourner cette page."



