Primaire de tous ceux qui rejettent les extrêmes : la proposition de Bayrou
Primaire anti-extrêmes : la proposition de Bayrou

François Bayrou a proposé dimanche 9 août une grande primaire ouverte de la gauche modérée aux gaullistes pour éviter un second tour entre l'extrême droite et l'extrême gauche lors de la présidentielle de 2027. L'initiative du patron du MoDem, soutien d'Emmanuel Macron en 2017 et 2022, vise à désigner un candidat unique du bloc central d'ici février.

Une initiative pour contrer le risque Mélenchon-Le Pen

Dans un entretien accordé au Figaro, François Bayrou a déclaré que « le risque maximum, c'est un deuxième tour entre l'extrême droite et l'extrême gauche ». Il a qualifié cette éventualité de « catastrophe » qui se produira « si nous ne portons pas au deuxième tour un candidat capable de rassembler tous les démocrates réformistes ».

Selon lui, aucun des prétendants déclarés au sein de cet espace politique n'est actuellement en mesure de fédérer aussi largement. Même Édouard Philippe, pourtant le mieux placé dans les sondages, ne fait pas l'affaire : « Il défend sa position, c'est légitime. Mais qui porte le profond renouvellement attendu ? », regrette François Bayrou.

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Un calendrier précis pour la primaire

L'ex-Premier ministre, trois fois candidat à l'Élysée et ancien maire de Pau, estime que « tous ceux qui rejettent les extrêmes doivent accepter d'organiser une compétition entre les candidats potentiels […] du Parti socialiste, dans sa version sociale-démocrate, jusqu'aux gaullistes ». Cette grande primaire verrait « chacun défendre sa vision de l'avenir et un vote le plus ouvert possible a lieu fin janvier ou début février pour décider ».

Ce calendrier laisserait au lauréat « deux mois pleins de campagne », une durée jugée suffisante pour remporter un scrutin qui « se joue à la fin, parfois la dernière semaine », selon François Bayrou. Il a prévenu que, faute de méthode pour départager les postulants, « si ça ne se fait pas par un accord large, parce que tout le monde est déraisonnable, ça se fera par effraction, par bousculade ».

Un appel à la clarté des candidatures

François Bayrou a également appelé tous les prétendants à se déclarer clairement d'ici septembre : « La période des présentations, c'est la rentrée », avant « la décantation et la confrontation ». Il a insisté : « Il faut sortir de l'ambiguïté générale […] Il est temps d'y voir clair ».

Le leader centriste a dressé une liste de personnalités aux intentions plus ou moins claires, de Bernard Cazeneuve à Michel Barnier, en passant par Xavier Bertrand, Bruno Le Maire, François Baroin et Yaël Braun-Pivet. Il a également vanté les mérites de l'ex-commissaire européen Thierry Breton, « enraciné dans la grande famille démocrate et réformatrice » mais qui « n'a pas appartenu au pouvoir sortant » et qui dispose d'une « capacité à réunir très largement en raison de son expérience ».

Un contexte politique tendu

Cette proposition intervient alors que les sondages pour 2027 placent Marine Le Pen en tête et Jean-Luc Mélenchon en progression. François Bayrou espère ainsi éviter un scénario extrême et offrir une alternative crédible aux électeurs.

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