Édouard Philippe a appelé, samedi 22 août, la droite et le centre à sceller une alliance avant février 2027, en vue de l'élection présidentielle. L'ancien Premier ministre, qui a officialisé sa candidature le 3 septembre 2026, estime que seule une union large peut permettre de l'emporter face au Rassemblement national. Il s'exprimait lors d'un meeting à Bordeaux, devant environ 2 500 personnes, selon les organisateurs.
Un calendrier serré pour une union indispensable
Dans son discours, M. Philippe a fixé un objectif clair : parvenir à un accord de désistement mutuel et à un programme commun avant la fin du mois de février 2027. Il a justifié cette échéance par la nécessité de préparer sérieusement la campagne, alors que le premier tour est prévu le 11 avril 2027. « Nous n'avons plus le temps des hésitations. Février, c'est la date butoir pour bâtir une alternative crédible », a-t-il déclaré.
L'ancien chef du gouvernement a également exhorté Les Républicains (LR) et les formations du centre, dont le MoDem et l'UDI, à dépasser leurs divergences. Il a rappelé que, lors des élections législatives de 2024, la droite et le centre avaient perdu 80 sièges à l'Assemblée nationale, faute d'une stratégie commune. « Chaque division a un coût, et nous l'avons payé cher », a-t-il ajouté.
Une mise en garde contre le risque d'éparpillement
Édouard Philippe a mis en garde contre un scénario où plusieurs candidatures de droite et du centre se maintiendraient au premier tour. Selon lui, un tel éparpillement profiterait directement au Rassemblement national, dont la candidate, Marine Le Pen, est donnée en tête des intentions de vote. Il a cité un sondage Ifop-Fiducial d'août 2026, qui crédite le RN de 31 % des voix au premier tour, contre 24 % pour La France insoumise et 18 % pour sa propre candidature.
« Si nous arrivons divisés, nous offrons la victoire à ceux qui veulent défaire la République », a-t-il insisté. Il a également évoqué les expériences passées, comme la présidentielle de 2022, où la droite et le centre avaient présenté trois candidats distincts, aboutissant à une élimination dès le premier tour. « Nous avons tous tiré les leçons de 2022. Il serait irresponsable de répéter les mêmes erreurs », a-t-il souligné.
Des premières réactions positives, mais des conditions
Les premières réactions à cet appel ont été mesurées. Le président des Républicains, Laurent Wauquiez, a salué une « main tendue » mais a posé des conditions, notamment sur la ligne programmatique en matière d'immigration et de sécurité. « Nous sommes prêts à discuter, mais pas à brader nos convictions », a-t-il répondu dans un communiqué. De son côté, le président du MoDem, François Bayrou, a jugé l'initiative « nécessaire » tout en appelant à « des actes plus que des mots ».
Dans les rangs d'Horizons, le parti fondé par M. Philippe, l'annonce a été accueillie avec satisfaction. La déléguée générale du parti, Christelle d'Intorni, a affirmé que « l'union est la seule voie pour gagner ». Elle a toutefois reconnu que les négociations s'annoncent complexes, chaque parti ayant ses propres sensibilités. Les discussions devraient débuter dès septembre, avec une première réunion prévue entre les états-majors des trois formations.
L'ancien Premier ministre a conclu son discours en appelant les militants à « faire de l'union une réalité quotidienne ». Il a annoncé qu'il se rendrait dans les prochaines semaines dans plusieurs villes de province pour porter ce message. Reste à savoir si les partis concernés parviendront à surmonter leurs divergences avant l'échéance de février.



