Une accusation explosive à trois jours du scrutin
À trois jours du second tour des élections municipales à Paris, la campagne a pris un tour dramatique avec des accusations graves portées par Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche hors LFI. L'ancien premier adjoint d'Anne Hidalgo a affirmé sur franceinfo qu'Emmanuel Macron était personnellement intervenu pour « aider au retrait » de la candidate d'extrême droite Sarah Knafo.
Un débat télévisé tendu comme prélude
Ces déclarations interviennent au lendemain d'un débat télévisé particulièrement tendu sur BFMTV et Le Figaro TV, qui a réuni en moyenne 752 000 téléspectateurs avec un pic à près d'un million. Emmanuel Grégoire s'y est retrouvé « sous le feu des attaques » selon l'analyse de Philippe Moreau-Chevrolet, professeur en communication à Sciences Po, pris en étau entre l'Insoumise Sophia Chikirou et Rachida Dati, candidate de la droite et du centre.
Le contexte électoral parisien
Le premier tour avait placé Emmanuel Grégoire en tête avec 37,98 % des voix, devant Rachida Dati (25,46 %). Mais le paysage a évolué avec :
- L'alliance de Rachida Dati avec Pierre-Yves Bournazel (11,34 %)
- Le retrait de Sarah Knafo (10,40 %) qui a appelé ses électeurs à « chasser la gauche » de l'Hôtel de Ville
- Le refus d'Emmanuel Grégoire de s'allier avec Sophia Chikirou (11,72 %)
Les accusations précises de Grégoire
Emmanuel Grégoire a développé sa thèse d'une intervention présidentielle : « Emmanuel Macron est personnellement intervenu à différents niveaux pour faire en sorte d'aider au retrait de Sarah Knafo, auprès d'intermédiaires, auprès de gens qui ont historiquement soutenu Reconquête ! ». Il qualifie cette situation de « faute morale immense » et évoque même un « pacte du diable ».
Le candidat de gauche souligne le caractère historique du score de l'extrême droite à Paris : « C'est la première fois historiquement que l'extrême droite dépasse les 10 % à Paris sur le scrutin central. Et comme par hasard, la première fois où ils les dépassent et où ils avaient donc la possibilité de se maintenir, ils se retirent. »
La stratégie électorale derrière les accusations
Emmanuel Grégoire a clairement dramatisé l'enjeu du second tour : « Le mode de scrutin est ainsi, avec la prime, c'est celui qui arrivera en tête qui gagnera. Et toute voix qui ne se portera pas sur la gauche rassemblée sera une voix indirecte pour Mme Dati. » Il suggère même une stratégie nationale : « Je me retire à Paris pour laisser gagner la droite. Et vous vous retirez, vous nous soutiendrez dans la dynamique de l'union des droites sur le plan national en 2027. »
Les démentis cinglants des intéressés
La réponse d'Emmanuel Macron
Le président de la République a réagi avec fermeté depuis Bruxelles où il participait à un sommet européen : « Ces propos n'ont aucun sens, ils déshonorent un peu la personne qui les dit comme ça, à l'emporte-pièce [...] ce n'est pas sérieux. » Il a assuré « ne pas connaître Mme Knafo ».
La réplique de Sarah Knafo
L'eurodéputée d'extrême droite a réagi vivement sur X : « Monsieur Grégoire, vous sortez d'un débat où vous vous êtes montré calamiteux. Alors vous paniquez et sombrez dans le complotisme. » Elle justifie son retrait par le « programme communiste » d'Emmanuel Grégoire et « la pédophilie à l'école [qu'il a] couverte », lui souhaitant « une excellente défaite ».
La position de l'équipe Dati
Nelly Garnier, porte-parole de campagne de Rachida Dati, a également démenti : « La panique ne peut pas conduire Emmanuel Grégoire à tous les délires et à tous les fantasmes. Un jour, il accuse Rachida Dati d'avoir un pacte secret avec l'extrême gauche, le lendemain avec l'extrême droite. »
Les réactions politiques élargies
La cheffe de file du Rassemblement national Marine Le Pen a appelé à « faire barrage » à Emmanuel Grégoire, ce qui a valu cette réplique cinglante du candidat de gauche : « L'extrême droite nationale a trouvé sa candidate à Paris. »
L'analyse des experts
Philippe Moreau-Chevrolet estime que cette attaque d'Emmanuel Grégoire est « clairement une erreur » qui « risque de braquer les électeurs de Pierre-Yves Bournazel, dont il a besoin pour le second tour ». Cette stratégie pourrait donc se retourner contre son auteur à quelques jours d'un scrutin extrêmement serré.
Les enjeux du second tour
Dans ce contexte de polémique intense, le second tour des municipales parisiennes s'annonce particulièrement indécis. Emmanuel Grégoire maintient ses accusations contre Emmanuel Macron, affirmant : « Je dis clairement qu'Emmanuel Macron a désormais l'habitude de montrer son double discours entre les grands principes qu'il énonce et les petites manœuvres qu'il met en œuvre. »
Cette tempête politique intervient alors que les électeurs parisiens doivent choisir leur maire pour les six prochaines années, dans un climat de polarisation extrême et d'accusations mutuelles qui risquent de marquer durablement le paysage politique local.



