Il arborait un sourire radieux. Onctueux, pour ne pas dire mielleux. Jean-Luc Mélenchon n’était plus, ce dimanche soir au 20 heures de TF1, ce tribun agressif, transgressif, vindicatif qui fait des jeux de mots antisémites avec une gestuelle de dictateur.
Non, c’était la courtoisie faite homme… pendant quelques minutes, avant que le naturel revienne au galop. Une question qui lui déplaît et le voilà qui abandonne toute politesse élémentaire, et lance à la journaliste Anne-Claire Coudray : « Arrêtez de pleurer ! » Qui ose encore s’exprimer avec une telle grossièreté de nos jours devant des millions de téléspectateurs ? Personne, à part le chef insoumis.
Une courte opération gentillesse pour Mélenchon
C’est à chaque campagne présidentielle la même histoire. Jean-Luc Mélenchon commence par galvaniser son noyau dur électoral dans un fond de sauce fait de radicalité et de populisme, avant de rétracter ses griffes et de ravaler son venin pour rassembler plus largement. Ce dimanche soir, avec l’annonce officielle de sa candidature, c’était le début de l’acte deux, le moment de la séquence gentillesse. Mais le rôle a été impossible à tenir pendant douze minutes. Déjà, le vernis a craqué. Cela promet !
Le scénario prévu pour cette annonce ressemble à une farce médiatique. Jean-Luc Mélenchon était donc l’invité du 20 heures de TF1. Pour quelle raison, si ce n’est révéler sa candidature à l’élection présidentielle, la quatrième consécutive ?
Les esprits avaient été bien préparés. À l’occasion du 1er Mai, il avait déclaré « nous sommes prêts », usant d’un étrange pluriel de majesté. Puis dimanche était prévue à l’agenda une réunion de l’intergroupe LFI, qui réunit les députés, les parlementaires européens et les maires. Devinez quoi ? Ces élus se sont prononcés en faveur de la proposition de la « coordination des espaces », cette nébuleuse direction du mouvement. Et cette proposition était… la candidature de Jean-Luc Mélenchon.
Quelle incroyable surprise ! Pour donner un badigeon de légitimité démocratique à cette désignation, il reste à recueillir 150 000 parrainages citoyens. La belle affaire !
La vérité alternative du leader de LFI
Tout ce qu’a énoncé Jean-Luc Mélenchon pendant ce petit quart d’heure télévisuel semble tiré d’une réalité parallèle. Un monde où il aurait été possible de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient grâce à une coalition entre la France et l’Espagne, laquelle aurait sans aucun doute fait reculer Trump et Netanyahou.
Un monde où le blocage des prix est une mesure préconisée par des économistes sérieux. Un monde où le groupe Total n’affiche pas des comptes déficitaires en France et peut à lui seul rendre du pouvoir d’achat aux « pauvres gens »…
Il était illusoire de s’attendre à autre chose, mais il était difficile, aussi, de l’entendre sans penser aux allocutions de tous ceux qui, de Trump à Poutine, prospèrent depuis trop longtemps sur des vérités alternatives.



