Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a répondu dimanche 23 août aux critiques de Jean-Luc Mélenchon, qui avait dénoncé des « procès » intentés par des préfets contre des députés Insoumis. Nuñez a affirmé que les préfets n'avaient « pas de leçons d'impartialité à recevoir », déclenchant une passe d'armes politique impliquant également Bruno Retailleau et Marine Le Pen.
Mélenchon réclame un État impartial lors des universités d'été de LFI
Jean-Luc Mélenchon, candidat de La France insoumise à l'élection présidentielle de 2027, s'est exprimé lors du discours de clôture des universités d'été de son mouvement, qui se tenaient à Valence. Il a dénoncé des « procès » intentés par des préfets à l'encontre de députés LFI, appelant à un « État impartial ».
« Nous voulons un État impartial où des préfets sont priés de retourner dans leurs bureaux et de cesser de faire des procès aux députés Insoumis devant lesquels, comme devant n'importe quel député, ils doivent faire un salut militaire réglementaire », a-t-il exhorté dimanche matin. Il a également lancé aux préfets : « Nous ne sommes pas vos copains ».
Cette attaque s'inscrit dans un contexte tendu. L'an dernier, le préfet du Val-d'Oise Philippe Court et Laurent Nuñez, alors préfet de police de Paris, avaient porté plainte contre deux députés Insoumis, Aurélien Taché et Aly Diouara, pour avoir affirmé que « la police tue ». Jean-Luc Mélenchon a poursuivi : « Nous voulons un État impartial où, du préfet au guichet, nul n'est jugé sur son appartenance politique supposée, son adresse ou sa couleur de peau ».
La réponse cinglante de Laurent Nuñez
Laurent Nuñez a réagi sur X dimanche après-midi, s'indignant des propos du leader insoumis. « Serviteurs de l'État, garants dans les territoires des intérêts nationaux, du respect des lois et des principes de notre Constitution, ils agissent chaque jour avec neutralité et dans le seul but de garantir l'intérêt général », a-t-il écrit. Il a conclu que les mettre en cause ou les sommer de retourner dans leur bureau « méconnaît profondément leur rôle et leur engagement au service de la République ».
L'Association du corps préfectoral et des hauts fonctionnaires du ministère de l'Intérieur (ACPHFMI) avait annoncé à l'été 2025 son intention de déposer plainte contre Jean-Luc Mélenchon pour des « menaces ». « La confiance des autorités de la République n'a jamais fait défaut aux préfets, pas plus que l'estime de nos concitoyens. Nulle outrance verbale ne les détournera de leur devoir », avait déclaré l'organisation.
Retailleau et Le Pen s'invitent dans la querelle
Bruno Retailleau, dirigeant des Républicains et candidat à la présidentielle, a dénoncé sur X les « menaces » et les « invectives » de Jean-Luc Mélenchon, affirmant que ce dernier « sombre dans le déshonneur et l'indignité ». Il a souligné que les Français ont pu mesurer « l'engagement sans faille, au quotidien et dans la gestion des crises, de ces grands serviteurs ».
Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national, a jugé « inacceptables et indignes » les « menaces » de Mélenchon, qui « ne surprennent personne ». Elle a promis : « Dans un an, je rétablirai ce corps d'excellence, et je donnerai aux préfets l'autorité et les moyens qui leur permettront de jouer un rôle majeur en matière de sécurité, d'aménagement, de logement et de réindustrialisation de la France ».
Jean-Luc Mélenchon a répliqué sur X : « Madame Le Pen trouve normal que des préfets poursuivent en justice des députés insoumis, laissent nos élus se faire insulter dans les cérémonies officielles, et ne fassent strictement rien quand nous sommes agressés. Elle devrait demander à bénéficier de ce service ».



