Jack Lang : un retour au gouvernement envisagé malgré les liens avec Epstein
Jack Lang : retour au gouvernement malgré les liens Epstein

Il s'agirait d'un simple « ajustement ». C'est le terme précis choisi par Sébastien Lecornu pour décrire le remaniement ministériel attendu dans les prochains jours. Un ajustement, donc, qui pourrait bien inclure le retour de Jack Lang au gouvernement. Non pas à la tête d'un grand ministère, mais plutôt d'un portefeuille plus tranquille, sans vagues. Le ministère de la Culture, par exemple, en remplacement de Rachida Dati. Rien d'idéologique ici, simplement une continuité esthétique. Même ministère, même chirurgien.

Une figure en relief de la vie publique

Jack Lang est devenu une véritable figure en relief de la vie publique française. Une œuvre durable, un Jeff Koons vivant, une version figée de la modernité républicaine. Mais attention : une modernité respectable. Blanche. Blanche comme neige. Car ses soutiens tiennent à le rappeler : Jack Lang n'est coupable de rien. Rien du tout. Il n'est empêtré dans aucune affaire. Il est simplement « cité ». Souvent. Très souvent.

Six cent soixante-treize mentions

Précisément, son nom apparaît six cent soixante-treize fois dans les dossiers liés à Jeffrey Epstein. Jusqu'à la 672ᵉ mention, on pourrait encore parler de coïncidence. Mais à la 673ᵉ, même le logiciel Word commence à souligner le texte en rouge. Jack Lang, de son côté, se dit serein. « Je me sens blanc comme neige », a-t-il réaffirmé. Il a également livré cette autre formule, avec la même ingénuité revendiquée : « Quand je rencontre quelqu'un, je ne regarde pas son casier judiciaire. »

Jack Lang ou le hasard des rencontres

C'est beau. C'est même touchant. C'est toute une morale. On ne regarde pas le casier, on ne demande pas la carte d'identité, on vit le moment présent. C'est la gauche culturelle dans sa forme la plus pure : une innocence proclamée, une responsabilité diluée, et une confiance absolue dans le hasard des rencontres. Le problème, c'est que le hasard, chez Jack Lang, croise toujours les mêmes salons.

Une démission tardive

Comme s'il ne l'avait pas tout à fait comprise, Jack Lang a « proposé » sa démission de la présidence de l'Institut du monde arabe. À 86 ans. En pleine force de l'âge. Un moment presque émouvant. C'est beau, la jeunesse mitterrandienne : il lui aura fallu quarante-cinq ans pour saisir qu'il était temps de partir. Certains s'indignent : à 86 ans, s'acharner sur un vieil homme serait indécent. Faux. Ce n'est pas de l'acharnement. C'est un retard administratif. La République n'est pas cruelle : elle est lente. Très lente.

La vraie question

La vraie question n'est pas pourquoi il démissionne : cela était devenu inévitable. La vraie question est plus cruelle : que faisait-il encore là ? À cet âge-là, à ce poste-là, dans ce contexte-là ? À ce niveau, ce n'est plus de l'expérience : c'est de la fossilisation administrative. Du pantouflage en charentaises.

Cinq ans ministre de la Culture

Il a été ministre de la Culture pendant cinq ans. Le reste de sa carrière ? Artiste subventionné. Des costumes jamais réglés, des hôtels jamais soldés. Une vision très personnelle du mécénat. André Malraux voulait ouvrir les maisons de la culture ; Jack Lang, lui, a souvent inauguré les buffets.

Une sortie par la petite porte

Jack Lang quitte donc l'Institut du monde arabe par la petite porte. Et pour un homme qui a passé sa vie à fréquenter les palais, c'est peut-être cela, finalement, sa réforme culturelle la plus aboutie. Un départ discret, après des décennies de présence dans les cercles du pouvoir et de la culture.