Glucksmann candidat à la présidentielle 2027 pour « relever la France »
Glucksmann candidat à la présidentielle 2027 (23.08.2026)

Raphaël Glucksmann a officialisé dimanche sur TF1 sa candidature à l'élection présidentielle de 2027. L'eurodéputé, à la tête de Place publique, participera à la primaire sociale-démocrate organisée en octobre par le Parti socialiste et son propre mouvement. « Je suis candidat pour relever la France parce que vous savez, on a tous une boule dans le ventre quand on regarde ce qu'est en train de devenir notre nation et ce qu'elle pourrait devenir dans les mois qui viennent », a-t-il déclaré, se disant « candidat pour gagner ».

Un parcours forgé entre la Géorgie et Bruxelles

Fils du philosophe André Glucksmann, âgé de 46 ans, Raphaël Glucksmann est essayiste et défenseur des droits de l'Homme. Ses premières expériences politiques se sont déroulées en Géorgie, aux côtés du président Mikheil Saakachvili, dont il a été conseiller de 2008 à 2012. Ses contempteurs l'accusent toutefois d'être déconnecté des réalités de la France des territoires, une critique récurrente à son encontre.

C'est depuis le Parlement européen qu'il a construit son ambition. Par deux fois, il a mené une liste commune entre Place publique et le Parti socialiste aux élections européennes. Le 9 juin 2024, arrivé en 3e position avec 13,8 % des voix, il récusait encore toute ambition pour l'Élysée, tout en s'imposant comme une figure incontournable de l'espace social-démocrate.

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L'Europe comme « combat de ma vie »

L'eurodéputé répète à l'envi que l'Europe est « le combat de ma vie ». Il s'est fait connaître à Bruxelles pour sa défense des Ouïghours, minorité musulmane persécutée en Chine, et pour sa fermeté vis-à-vis de la Russie de Vladimir Poutine. Sa première campagne européenne, en 2019, avait été difficile : avec 6,19 % des voix, il semblait mal à l'aise, prêtant le flanc aux critiques sur sa prétendue déconnexion du terrain. Lui-même reconnaissait qu'il était « mauvais », mais affirme avoir « travaillé » et que son mandat d'eurodéputé l'a « transformé ».

Les doutes ont toutefois été ravivés fin 2025 par une prestation jugée faible lors d'une émission sur LCI, face à un panel de Français et lors d'un débat avec Éric Zemmour. Certains au PS ont parlé d'un « naufrage ». C'est pourtant lui que les socialistes devront soutenir s'il remporte la primaire d'octobre, dans une compétition dominée à ce stade par Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen et les candidats du bloc central.

Un projet ancré à gauche, entre écologie et progrès social

À l'accusation d'être « trop parisien » ou « hors-sol », l'essayiste oppose son expérience de documentariste sur le génocide des Tutsi au Rwanda et sur la révolution orange en Ukraine en 2004. « Ma parole et ma vision du monde ne se sont pas forgées à Davos ou Washington, mais dans des lieux dont je ne sais si vous pouvez soupçonner la désolation », rétorque-t-il. Il a multiplié pendant l'été les déplacements dans les régions françaises et revendique un projet cherchant à concilier transition écologique et progrès social.

Après la dissolution de 2024, Raphaël Glucksmann avait consenti, à contrecoeur, à l'alliance du Nouveau Front populaire pour les législatives, face au risque d'une victoire du Rassemblement national. Il ne cache pas son aversion pour Jean-Luc Mélenchon, qu'il a qualifié en mars de « Jean-Marie Le Pen de notre époque », après que le tribun insoumis a plaisanté sur la prononciation de son nom de famille, comme il l'avait fait avec d'autres patronymes à consonance juive. Il exige aujourd'hui de ses partenaires socialistes qu'ils récusent d'emblée tout accord avec La France insoumise.

Issu d'une famille juive ashkénaze, Raphaël Glucksmann est le fils d'André Glucksmann, figure des « Nouveaux philosophes », d'abord maoïste puis néo-conservateur. Son grand-père, Rubin Glucksmann, né dans l'actuelle Ukraine, avait été espion soviétique en Allemagne avant de fuir en France à l'arrivée des nazis. Ardent défenseur de l'Ukraine de Volodymyr Zelensky, il est critiqué, notamment chez les Insoumis, pour son compagnonnage passé avec Mikheil Saakachvili, aux idées libérales et aujourd'hui poursuivi par la justice.

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Sur le plan personnel, Raphaël Glucksmann a rencontré en Géorgie la mère de son premier fils, Eka Zgouladze, ancienne ministre. Il forme aujourd'hui avec la journaliste Léa Salamé l'un des couples les plus en vue de la scène politico-médiatique, leur baiser échangé sur une plage de Corse ayant fait la Une de Paris Match au coeur de l'été. La primaire d'octobre déterminera si ce parcours singulier suffira à convaincre les électeurs de gauche de le porter vers l'Élysée.