L'ancienne Première ministre Elisabeth Borne a annoncé mercredi 6 mai 2026 son retrait de la direction du parti Renaissance, dont elle restera toutefois simple adhérente. Sur France Inter, elle a affirmé être « en désaccord avec la ligne actuelle » portée par le secrétaire général Gabriel Attal, regrettant que celle-ci ne soit « pas forcément débattue » en interne.
Une décision motivée par des divergences profondes
« J’ai décidé de démissionner du Conseil national de Renaissance, de me mettre en retrait du bureau exécutif et de me consacrer à la structure que j’ai créée, +Bâtissons ensemble+, qui a vocation à rassembler au-delà des partis », a déclaré Elisabeth Borne. Elle a précisé qu’elle resterait « simple adhérente » du parti, attachée aux militants et aux valeurs portées en 2017, mais qu’elle ne souhaitait plus participer aux instances dirigeantes.
Cette annonce intervient alors que Gabriel Attal multiplie les déplacements en vue de la présidentielle, tentant de déloger Édouard Philippe de sa position de favori du bloc central. En août 2024, Elisabeth Borne avait annoncé sa candidature à la tête de Renaissance, avant de renoncer en décembre de la même année, concluant un accord avec Attal qui lui assurait la présidence du Conseil national. Cependant, l’ancienne Première ministre n’a jamais semblé adhérer à la démarche de son successeur, qui a pris le contrôle du parti sans l’accord de l’Élysée et dirige également le groupe macroniste à l’Assemblée nationale.
« Renaissance, ce n’est pas un parti, c’est l’agence de com de Gabriel Attal », avait-elle notamment déclaré à La Tribune Dimanche. Interrogée sur ses propres ambitions pour 2027, elle a répondu que ce n’était « pas du tout le sens de (sa) démarche », se concentrant plutôt sur des propositions. Elle a également critiqué la méthode d’Emmanuel Macron, se disant opposée à un « pouvoir solitaire et un peu vertical ».
Des désaccords sur des mesures emblématiques
Parmi les points de désaccord avec la ligne de Renaissance, Elisabeth Borne a cité le « respect du droit international », du Conseil constitutionnel et de la Constitution. Elle s’était déjà opposée à certaines mesures comme l’interdiction du voile pour les mineures de moins de quinze ans. La députée du Calvados avait également boycotté le discours de clôture du meeting d’Arras de Gabriel Attal en septembre 2025, rejoignant d’autres figures du parti en désaccord avec la prise de distance vis-à-vis d’Emmanuel Macron. Elle n’était pas non plus présente lundi soir au bureau exécutif qui a examiné les propositions de désignation du candidat à la présidentielle, dont le sort doit être tranché le 12 mai lors d’un Conseil national qu’elle présidait.
Une source proche du secrétaire général a commenté : « Elle aurait pu utiliser le Conseil national pour faire travailler des gens et venir challenger Gabriel avec des propositions de fond, elle ne l’a jamais fait. »



