Édouard Philippe : le choix par défaut des socialistes pour 2027
Édouard Philippe : le moindre mal des socialistes

Selon une enquête du Point, les socialistes français, en quête d'un candidat pour la présidentielle de 2027, se tournent vers une figure inattendue : l'ancien Premier ministre Édouard Philippe. Ce choix, qualifié de "moins mauvais" par plusieurs cadres du Parti socialiste (PS), reflète l'impasse stratégique dans laquelle se trouve la gauche française.

Un ralliement par défaut

L'étude, menée auprès de 150 responsables socialistes, révèle que 62 % d'entre eux considèrent Édouard Philippe comme le candidat le plus susceptible de battre le Rassemblement national au second tour. "Nous n'avons personne d'autre à proposer qui puisse rassembler au-delà de notre camp", confie un député PS sous couvert d'anonymat. Cette position contraste avec le rejet historique des socialistes envers Philippe, perçu comme un homme de droite.

Les raisons d'un choix pragmatique

Plusieurs facteurs expliquent cette évolution. D'abord, l'absence de leader naturel au sein du PS : les noms d'Anne Hidalgo, Olivier Faure ou Carole Delga ne suscitent pas l'enthousiasme. Ensuite, la crainte d'une victoire de l'extrême droite pousse à des alliances contre-nature. "Avec Édouard Philippe, on a au moins la certitude d'un programme républicain et européen", explique un sénateur socialiste. Enfin, la popularité relative de Philippe, qui culmine à 38 % d'opinions favorables selon un récent sondage Ifop, en fait une valeur refuge.

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Les obstacles à surmonter

Ce rapprochement n'est pas sans susciter des remous. Les ailes gauche du PS, incarnées par les frondeurs, dénoncent une "trahison des valeurs". "Édouard Philippe, c'est la privatisation des aéroports, la baisse des impôts pour les plus riches et la réforme des retraites", rappelle un ancien ministre socialiste. De plus, l'intéressé n'a pas encore officialisé ses ambitions, même si ses récentes prises de parole sur l'écologie et la justice sociale laissent entendre une possible candidature.

Un précédent en 2017

L'histoire politique française offre un précédent : en 2017, le PS avait déjà choisi un candidat extérieur, Benoît Hamon, issu de la gauche du parti, avec un résultat désastreux (6,36 % au premier tour). "Cette fois, on va dans le sens inverse : un homme de droite modérée, pour espérer sauver les meubles", analyse un politologue. Reste à savoir si les électeurs socialistes suivront cette logique.

En attendant, les discussions internes s'intensifient. Une réunion des instances du PS est prévue en mars pour trancher. Mais déjà, des voix s'élèvent pour proposer une primaire ouverte. "Si on veut éviter l'implosion, il faut que les militants aient le dernier mot", conclut un secrétaire fédéral. L'avenir de la gauche française se joue peut-être dans ce choix paradoxal.

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