Démission de Jack Lang de l'IMA : une décision jugée « nécessaire » par la classe politique
La classe politique française s'est montrée unanime ce dimanche pour saluer la démission de Jack Lang de la présidence de l'Institut du monde arabe, après que ses liens avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein ont été révélés. Les réactions ont fusé de tous les partis, qualifiant cette décision d'« exemplaire », de « seule possible » et affirmant qu'« il était temps ».
Des réactions politiques convergentes
La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a déclaré sur France Info : « Je crois que Jack Lang a pris la seule décision possible. La situation était, me semble-t-il, intenable. Ce sera à la justice de dire pour l'ensemble des parties prenantes quelles sont les responsabilités, mais dans son cas, il y a aussi une question morale qui se pose, me semble-t-il, de façon évidente. »
Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, a abondé dans le même sens sur France 3 : « La justice, elle doit passer pour les puissants comme pour les autres, mais la responsabilité, l'exemplarité, supposaient qu'il parte. »
Une pression venue des plus hautes sphères
Jack Lang, ancienne figure emblématique du Parti socialiste et ministre de la Culture sous François Mitterrand, a présenté sa démission samedi. Il était sous pression de l'Élysée et de Matignon, l'entourage d'Emmanuel Macron l'exhortant à « penser » à l'IMA afin que le prestigieux institut ne soit pas éclaboussé par cette affaire. L'Élysée a sobrement déclaré samedi « prendre acte » de sa démission.
Des critiques venues de l'opposition
L'ancien Premier ministre Michel Barnier (LR) a déclaré sur LCI : « Je pense que c'était absolument nécessaire qu'il quitte sa fonction. » Il a mis en garde contre « le sentiment d'impunité » des puissants, qu'il a qualifié d'« insupportable » et de carburant pour « le vote dégagiste ou le vote populiste ».
La députée écologiste Sandrine Rousseau a commenté sur BFMTV : « C'est bien qu'il démissionne. Il aurait dû le faire tout de suite, immédiatement. »
Sébastien Chenu, vice-président du Rassemblement national, a souligné sur le Grand Jury RTL/Public Sénat/Le Figaro/M6 : « Il était temps. Il a peut-être fraudé l'impôt, était probablement ami de Jeffrey Epstein. »
Éric Coquerel, cadre de La France insoumise, a estimé : « C'était la bonne décision à prendre plutôt qu'on ne l'y oblige. » Il a souligné que des liens étaient « avérés au moins de nature financière », selon des enquêtes médiatiques.
Des accusations qui pèsent lourd
Si aucune charge ne pèse à ce stade contre l'ancien ministre, son nom a été mentionné 673 fois dans des échanges avec Jeffrey Epstein, et ses liens d'intérêt avec le financier américain ont poussé de nombreux membres de la classe politique à exiger son départ. Le Parquet national financier a ouvert vendredi une enquête préliminaire contre lui et sa fille Caroline Lang pour « blanchiment de fraude fiscale aggravée ».
Dans le courrier adressé au ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot pour proposer sa démission, Jack Lang a assuré : « Les accusations portées à mon encontre sont inexactes et je le démontrerai. »
Cette affaire, qui mêle questions de justice, d'exemplarité et de responsabilité morale, continue de susciter des débats intenses dans le paysage politique français, alors que l'Institut du monde arabe cherche à préserver sa réputation.