En l'espace de quelques heures, deux secrétaires d'État ont annoncé leur départ du gouvernement du Premier ministre britannique Keir Starmer, plongeant l'exécutif dans une nouvelle tourmente. Mardi, avant même le début du Conseil des ministres, la secrétaire d'État au Logement, Miatta Fahnbulleh, a présenté sa démission. Peu après, la secrétaire d'État chargée de la lutte contre les violences faites aux femmes, Jess Phillips, a emboîté le pas.
Une défiance profonde envers le Premier ministre
Dans une lettre adressée à Keir Starmer et publiée par Sky News, Jess Phillips a justifié son départ par son incapacité à continuer sous la direction actuelle. Ces démissions ne sont pas des cas isolés, mais révèlent un malaise grandissant au sein du Parti travailliste. Au moins 80 députés du Labour appellent au départ de Starmer du 10 Downing Street, et plusieurs figures influentes du parti, dont la ministre de l'Intérieur Shabana Mahmood, auraient également exprimé leur mécontentement, selon plusieurs médias britanniques.
Des élections locales catastrophiques
La popularité du dirigeant travailliste de 63 ans s'est effondrée depuis son arrivée au pouvoir après la large victoire du Labour aux législatives de 2024, qui avait mis fin à 14 ans de gouvernements conservateurs. Ses détracteurs pointent du doigt ses multiples faux pas, revirements et polémiques, notamment le scandale lié à la nomination controversée de Peter Mandelson comme ambassadeur à Washington. Le mécontentement s'est accentué après les élections locales du jeudi précédent, où le Labour a perdu du terrain face au parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage, y compris dans ses bastions du nord de l'Angleterre et du pays de Galles. Les Verts, plus à gauche, ont également grignoté des voix à Londres.
Starmer déterminé à rester
Malgré ces revers, Keir Starmer a affirmé mardi à ses ministres sa volonté de continuer à gouverner. Il a rappelé que la procédure interne pour contester la direction du parti n'a pas été enclenchée. Celle-ci nécessite qu'un candidat se déclare officiellement et obtienne le soutien de 81 députés, soit 20 % du groupe parlementaire. Cependant, le Premier ministre n'est pas isolé : plus de 100 députés travaillistes ont signé une lettre de soutien mardi, estimant que « ce n'est pas le moment d'engager une procédure de contestation » et appelant à regagner la confiance des électeurs après des résultats électoraux difficiles.
Parmi ses soutiens, on compte le vice-Premier ministre David Lammy et le ministre du Commerce Jonathan Reynolds, tandis que le ministre du Travail Pat McFadden l'a encouragé à « continuer à se battre ». De nombreux responsables travaillistes souhaitent éviter une répétition de la crise de 2022, lorsque les conservateurs avaient vu se succéder trois Premiers ministres en quatre mois.



