Près de 80 hauts fonctionnaires, organisés sous le nom de « Phrygiens » en référence à la révolution française, se sont discrètement mis au service de Jean-Luc Mélenchon. Leur mission : assister le candidat dans sa course à l’Élysée, préparer son arrivée au pouvoir et aider son parti à « monter en compétence ». Ce réseau, chapeauté par Clémence Guetté, cadre de La France insoumise et vice-présidente de l’Assemblée nationale, est chargé de produire des notes, des rapports et des études pour nourrir la campagne, révèle franceinfo.
Un réseau confidentiel au cœur de l’État
Les « Phrygiens » sont disséminés dans les collectivités locales et les ministères, au plus haut niveau de l’État. Ce soutien est d’autant plus précieux pour le quadruple candidat que ses opposants lui reprochent souvent le manque de crédibilité de certains aspects de son programme, « L’Avenir en commun », en particulier sur le volet économique.
Si ce type de réseau n’est pas inédit — le Rassemblement national s’est doté d’un groupe d’alliés institutionnels similaire, baptisé « Horace » — les « Phrygiens » mélenchonistes œuvrent dans l’ombre. Depuis mai 2026, ils se dissimulent. « Pour ne pas mettre en danger nos carrières », justifie l’animateur du groupe, assurant qu’il persiste « une forme d’hostilité vis-à-vis de LFI dans la haute fonction publique ».
Des échanges cryptés et des recrutements discrets
Pour garantir cette confidentialité, leurs échanges s’organisent sur le réseau social crypté Telegram. Les « Phrygiens » se rencontrent également en présentiel, une fois par mois, sous la supervision de Clémence Guetté. Ces entrevues devraient se poursuivre tout au long de la campagne, et Jean-Luc Mélenchon pourrait être amené à y prendre part, indique Le Parisien.
Le recrutement suit un principe de confidentialité tout aussi strict. « Cela se passe beaucoup à la machine à café, ou alors lors de discussions entre collègues, quand on sent une certaine sensibilité insoumise chez eux », raconte l’un des chefs de l’organisation à franceinfo. « Certains ont déjà effectué un travail de réseaux dans leur ministère », confie une autre source au Parisien. Et d’ajouter : « On a des belles prises, des gens travaillent pour nous dans les hautes institutions. »
Une croissance rapide des effectifs
Cette méthode semble faire ses preuves. Selon les informations du Parisien, les « Phrygiens » étaient une trentaine en mai. Trois mois plus tard, le nombre a presque triplé, atteignant près de 80 membres. Cette expansion rapide témoigne de l’attrait du réseau auprès des hauts fonctionnaires sensibles à la cause insoumise, malgré les risques pour leurs carrières.



