Un avertissement alarmiste du ministre de la Justice
Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a exprimé ce mardi 10 février sur France Info une inquiétude majeure concernant les chances de la droite et du centre pour l'élection présidentielle. À un peu plus d'un an du scrutin, il a qualifié de "risque extrêmement important" la possibilité que sa famille politique ne se qualifie pas pour le second tour.
Un scénario jugé "le plus probable"
Le garde des Sceaux a développé sa pensée en déclarant: "Je pense que nous avons un risque très important de ne pas être au second tour de l'élection présidentielle. Que dis-je très important? Extrêmement important". Selon lui, l'élimination de la droite et du centre dès le premier tour constitue même le scénario "le plus probable" à ce stade des préparatifs.
La projection d'un second tour sans la droite
Gérald Darmanin a précisé sa vision en anticipant une affiche du second tour qui verrait Jordan Bardella ou Marine Le Pen affronter Jean-Luc Mélenchon, avec une victoire finale du Rassemblement national. Dans cette configuration, la droite et le centre se retrouveraient selon lui "ni dans la majorité, ni auprès du prochain président de la République, ni dans l'opposition, puisque l'opposition sera alors LFI".
Les causes identifiées de cette situation
Le ministre a pointé plusieurs facteurs expliquant selon lui cette situation préoccupante pour son camp politique:
- Une "désorganisation" générale
- La "multiplication des candidats"
- Une "mauvaise conception" de ce que doit être un programme présidentiel
Un ultime espoir d'organisation
Malgré ce constat sévère, Gérald Darmanin a laissé entrevoir une possibilité de redressement en affirmant qu'il y avait "encore le temps de (s')organiser". Il avait d'ailleurs appelé la semaine précédente la droite et le centre à désigner un candidat commun d'ici l'été, que ce soit par le biais d'une primaire ou par "la dynamique des sondages". Toutefois, il a tempéré cet espoir en ajoutant: "Mais, malheureusement, nous nous rapprochons de la date où ce n'est plus possible".
La position personnelle du ministre
Interrogé sur sa propre éventuelle candidature pour porter les couleurs de sa famille politique en 2027, face à des figures comme Gabriel Attal ou Édouard Philippe, le ministre s'est défendu en assurant se consacrer "entièrement au ministère de la Justice" et "aux affaires de l'État". Il a néanmoins reconnu: "Mais on ne peut pas se désintéresser de la façon dont on risque d'être éliminés de la vie politique en 2027".
Cette intervention publique du ministre de la Justice intervient dans un contexte de préparation intense pour l'élection présidentielle, où les différentes familles politiques commencent à affiner leurs stratégies et à positionner leurs candidats potentiels. L'avertissement de Gérald Darmanin souligne les tensions et les défis internes auxquels fait face la droite et le centre français à l'approche de ce scrutin décisif.