Communication politique : le décalage assumé du pouvoir
Com politique : le décalage assumé du pouvoir

Alors que la France subit canicule, incendies et sécheresse, l'Élysée assume une communication people avec un jet-ski présidentiel, dénoncée comme une déconnexion.

Des mises en scène qui interrogent

De l'aligot saucisse de Gabriel Attal au jet-ski d'Emmanuel Macron, le pouvoir ne s'embarrasse plus de subtilités en matière de communication politique. Baptiste Bize, directeur de la rédaction, souligne dans son éditorial que ces images, loin de passer inaperçues, traduisent un décalage croissant entre les préoccupations des Français et les priorités affichées par leurs dirigeants.

Gabriel Attal, candidat à l'élection présidentielle de 2027, n'hésite pas à se mettre en scène dans des contextes populaires, comme en Aveyron où il mange de l'aligot saucisse sur une table de pique-nique pour annoncer sa candidature. Il a également fait le show dans un campement de gens du voyage en Vendée, espérant un clash pour générer des vues sur les réseaux sociaux. Ces initiatives contrastent avec la stratégie de rareté et de discrétion théorisée par Jacques Pilhan, ancien conseiller de François Mitterrand et Jacques Chirac.

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Un président en jet-ski, une polémique assumée

La une de Paris Match cette semaine montre Emmanuel Macron en jet-ski, affichant ses biceps et son bronzage estival. Contrairement à une fausse paparazzade, ce reportage est commandé par l'Élysée qui souhaite montrer un président hilare au volant d'un hors-bord, fier de lui sur une planche de foil électrique. Cette communication people est assumée, mais elle interroge sur son objectif et son message.

Ces images, qualifiées de masculinistes par l'éditorialiste, racontent un chef de l'État plein d'énergie et de vitalité. La comparaison avec Vladimir Poutine, torse nu sur son cheval, est explicite : « Emmanuel Macron est encore plus fort et plus beau sur son gros jet-ski ». Cependant, ce décalage intervient alors que la France suffoque sous l'effet de vagues caniculaires, brûle en Gironde et dans le Var, et subit une terrible sécheresse.

Une déconnexion qui pourrait passer pour de la provocation

Le décalage de la communication élyséenne pourrait passer pour de la provocation s'il ne traduisait pas une inquiétante déconnexion. Pendant que les sapeurs-pompiers du Var luttaient contre les flammes autour de Cotignac, Emmanuel Macron vivait sa meilleure vie à Brégançon. Les conseillers en communication ont probablement cherché à éteindre la polémique en invitant des soldats du feu et les maires des communes touchées par l'incendie du Gros Bessillon à rencontrer le président, ce lundi, en marge de la cérémonie commémorant la Libération de Bormes-les-Mimosas.

Malgré ces efforts, les coutures de la communication sont bien visibles, et l'éditorial conclut que cette stratégie pourrait aggraver la perception d'un pouvoir déconnecté des réalités du terrain.

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