Blocus lycéens : Vincent Bouget appelle à des solutions politiques
Blocus lycéens : Bouget prône des solutions politiques

Vincent Bouget, maire socialiste de Nîmes, a accordé un entretien à Midi Libre dans le cadre de la série « Lignes ouvertes », consacrée aux réponses politiques face aux mobilisations lycéennes et aux violences urbaines survenues le 17 octobre. Pour l’édile, « les solutions ne peuvent être que politiques » et passent par un renouement du dialogue entre le gouvernement et la population.

Un constat alarmant après le 17 octobre

Vincent Bouget dresse un bilan sévère de la journée du 17 octobre, marquée par des attaques de commerces, l’incendie de la mairie de Limoges et des dégradations de bâtiments publics. Il souligne une « flambée de violence qui semble incontrôlable, pas anticipée par les services de l’État, et dont les images très médiatisées marquent les esprits ». Le maire exprime sa solidarité avec les commerçants nîmois et les élus des villes dont les mairies ont été visées pendant le week-end, tout en rappelant que « la violence ne peut jamais être une réponse efficace à la colère, pas plus que la destruction ne peut tenir lieu de revendication ».

Alors que les syndicats ont dénoncé mercredi « le mépris du gouvernement face aux revendications », Vincent Bouget regrette que l’exécutif choisisse d’interdire les manifestations plutôt que d’apporter des réponses aux manifestants. Il estime que « ce n’est pas en instrumentalisant la violence et la casse pour empêcher l’expression des revendications que l’on peut créer les conditions du retour au calme ». Le maire de Nîmes critique également l’utilisation de l’argument budgétaire et de la dette pour refuser de répondre aux « besoins criants d’une partie de la population ».

La rupture du dialogue depuis dix ans

Pour Vincent Bouget, la crise actuelle trouve son origine dans une décennie d’exercice vertical du pouvoir. « Le dialogue a été rompu par dix années d’exercice d’un pouvoir toujours plus vertical, qui a détruit les corps intermédiaires, qui n’a jamais fait le choix de la négociation, qui a décidé que la réponse à toute contestation devait être principalement répressive », explique-t-il. Cette stratégie a « abîmé le pacte démocratique et créé partout beaucoup de défiance ».

Le maire socialiste insiste sur l’urgence de « réparer des fractures qui n’ont fait que s’accroître dans la dernière décennie, et dont l’explosion de violence actuelle est un témoignage ». Il rappelle que les revendications exprimées par les « gilets jaunes », les lycéens et les manifestants du 17 octobre, syndiqués ou non, traduisent « le besoin d’écoute et de dialogue pour apporter des réponses aux problèmes sociaux ».

Des pistes pour sortir de la crise

Vincent Bouget propose plusieurs orientations concrètes pour sortir de l’impasse. Il appelle le gouvernement à « renouer le dialogue, ouvrir des négociations sociales avec un calendrier et des engagements précis, tout en apportant des réponses immédiates face à la vie chère ». Il demande également de « sortir de la spirale répressive » et de considérer que « la jeunesse du pays doit être respectée, écoutée, accompagnée ».

Le maire de Nîmes conclut avec une formule forte : « On ne peut gouverner un pays en ne faisant pas confiance à sa population, on ne peut pas préparer l’avenir d’un pays en méprisant sa jeunesse. » Selon lui, « les moyens d’action de l’État ne manquent pas pour aider les Français face à la vie chère, pour répondre aux revendications lycéennes, pour améliorer les services publics ». Cet entretien intervient alors que la mobilisation lycéenne se poursuit, avec des blocus prévus les 17 et 24 octobre, et que les élus locaux cherchent des réponses face à une situation qualifiée de « chaos ».