La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a décliné ce mardi 18 août l'invitation de Manuel Bompard à participer aux universités d'été de La France insoumise (LFI), les Amfis, qui débutent jeudi dans le Drôme. Quelques heures après l'invitation officielle lancée sur BFMTV, elle a publié une mise au point sur LinkedIn, affirmant qu'elle n'avait « pas encensé » le programme de Jean-Luc Mélenchon et qu'elle ne se rendrait pas à ces universités d'été. Elle maintient toutefois son appréciation sur la méthode insoumise en matière d'écologie.
Une « bromance » écologique éphémère
Tout commence dimanche 16 août, dans un entretien accordé à « Libération ». Interrogée sur la place de l'eau et de l'adaptation au changement climatique dans le débat politique, Monique Barbut déclare : « Jean-Luc Mélenchon est celui qui intègre le plus la question du climat dans ses propositions économiques et sociales. » Elle ajoute que le dérèglement climatique va devenir « une des principales causes d'injustice sociale », touchant notamment les travailleurs exposés aux canicules et les ménages modestes face au coût d'adaptation de leur logement.
Cette déclaration, venant d'une ministre du gouvernement Lecornu, a immédiatement été saluée par La France insoumise. Dès lundi, Manuel Bompard a relayé la phrase sur X avec ce commentaire : « Si même les ministres macronistes le disent… » Le compliment a en revanche suscité des critiques dans le camp gouvernemental. La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a pris ses distances sur France Info ce mardi : « Je la laisse à la responsabilité de ses propos. Elle s'en expliquera à qui de droit, s'il le faut. Je ne l'aurais pas faite [cette déclaration] et je ne la partage pas. »
Une invitation officielle rapidement déclinée
Ce mardi matin, Manuel Bompard a officiellement invité Monique Barbut aux Amfis, sur BFMTV, afin de « débattre avec [les insoumis] sur l'écologie ». Il a précisé qu'ils ne seraient « pas d'accord sur tout », mais que ce serait « bien pour le pays tout entier qu'on puisse débattre des mesures écologiques ». Cette invitation n'est pas une première pour un membre d'un gouvernement macroniste : Olivia Grégoire, Marlène Schiappa et Clément Beaune ont déjà participé aux Amfis en 2022.
Mais Monique Barbut a rapidement coupé court. Dans sa mise au point sur LinkedIn, elle écrit : « Certains veulent me faire dire ce que je n'ai pas dit. Non, je n'ai pas encensé le programme de Jean-Luc Mélenchon, avec lequel j'ai de profonds désaccords. Et non, je n'irai pas à ses universités d'été. » Elle insiste sur la distinction entre méthode et adhésion politique : « Je sais faire la différence entre une méthode, des propositions et une philosophie politique. Reconnaître la pertinence d'une méthode ne signifie évidemment pas adhérer à son programme. » Elle rappelle également avoir défendu le bilan environnemental d'Emmanuel Macron dans le même entretien.
Des désaccords assumés, une main tendue maintenue
Malgré ce refus, Monique Barbut ne renie pas le fond de ses propos. Elle plaide pour que l'adaptation au changement climatique dépasse « les clivages partisans » et annonce qu'elle réunira dès la rentrée « l'ensemble des groupes politiques qui portent des propositions » sur ce sujet, après avoir relevé des idées intéressantes « à gauche comme à droite ». Jean-Luc Mélenchon a répondu sur X : « Merci Madame Barbut pour votre réponse argumentée et respectueuse de vos interlocuteurs. Le désaccord est la raison d'être de la démocratie. » Il a ajouté : « On aurait aimé dialoguer avec vous, non pour vous accabler, mais pour connaître votre analyse de notre projet d'éco-régions. Tant pis. Mais nous savons que nous nous retrouverons pour bien faire quand nous les mettrons en œuvre après notre victoire. »



