La mystérieuse disparition de Gabriel Attal pendant les municipales
Mais où est donc passé Gabriel Attal dans l'hexagone ? Le fringant patron de Renaissance, souvent décrit comme obsédé par les apparitions médiatiques, semble s'être volatilisé des radars politiques français. Alors que sa formation se débat dans les marécages des élections municipales des 15 et 22 mars, il organise une tournée européenne des grands-ducs, cherchant à se forger une stature internationale en vue de l'échéance présidentielle de 2027.
Une stratégie internationale assumée
L'ancien premier ministre est convaincu que la prochaine élection présidentielle se jouera principalement sur les questions internationales. Pourquoi attendre ? Son itinéraire le mène successivement en Ukraine, en Espagne, aux Pays-Bas, en Estonie, en Finlande et en Grèce. Il parcourt l'Europe avec l'ambition affichée de construire un nouvel ordre international, n'hésitant pas à qualifier l'ONU de « guichet humanitaire » et d'« ONG climatique ».
Sa mission suprême ? Permettre à sa génération de trouver un moyen d'« apaiser le monde ». Un credo fédérateur qui suscite des interrogations au sein même de son camp politique. Pourquoi le « patron » a-t-il choisi d'enjamber le scrutin municipal ? Certains y voient l'anticipation d'une défaite électorale dont il chercherait à éviter de porter le poids politique.
La naissance annoncée de Nouvelle République
Renaissance s'apprête probablement à connaître son pire score électoral, conséquence directe de la dissolution et d'un président perçu comme enfermé dans sa tour d'ivoire. Gabriel Attal a déjà anticipé l'enterrement du « parti de l'Élysée ». Dès la fin mars, il lancera « sa » formation : Nouvelle République.
Ce nouveau parti se veut moins 2.0, plus classique dans son organisation, plus vivant et plus débatteur, s'inspirant du modèle du Parti socialiste des années Jospin-Hollande. Plus républicain également, avec une ligne ferme sur les questions sécuritaires et une défense vigoureuse de la laïcité.
Le macronisme, un concept en déliquescence
Et si ce calcul n'était pas aussi suicidaire qu'il n'y paraît ? En contournant des élections municipales noyées sous l'actualité internationale - qui risquent de subir une abstention record tant les Français ont la tête tournée vers Téhéran, Gaza, Tel-Aviv ou Kiev - Gabriel Attal parie sur son statut d'homme du renouveau.
Un pari dangereux pour celui qui doit tant à Emmanuel Macron, qu'il a défendu sans barguigner jusqu'à l'hôtel Matignon. Mais comment ne pas valider cette sortie de terrain alors que le macronisme semble devenu un concept mort-vivant ?
Durant cette campagne, de nombreux candidats Renaissance n'osent plus afficher leur étiquette et avancent masqués. À Paris, le parti a choisi Pierre-Yves Bournazel comme champion, tandis que d'autres dirigeants soutiennent Rachida Dati. Ce charivari politique révèle la lente et inévitable déliquescence d'une formation aux abois.
Gabriel Attal a définitivement acté cette réalité. En enjambant ces étranges élections municipales, il a tourné complètement la page du macronisme. Une rupture définitive qui pourrait bien redessiner le paysage politique français dans les années à venir.



