Arcachon : le maire Yves Foulon présente ses excuses après une vidéo polémique
Critiqué de toutes parts depuis la diffusion mardi soir d'une vidéo le montrant insulter et menacer son opposant écologiste Vital Baude, le maire d'Arcachon Yves Foulon a présenté ses excuses publiques mercredi dans un communiqué. Cependant, il a simultanément évoqué un « coup monté », une affirmation que Vital Baude conteste fermement.
Un tsunami médiatique et des réactions politiques vives
Yves Foulon, maire Les Républicains d'Arcachon, est sorti de sa réserve ce mercredi 18 mars à midi, quelques heures après la diffusion de la vidéo par le média Vakita. Les images, et surtout les propos entendus, ont provoqué un véritable tsunami médiatique. Les réactions politiques nationales se sont succédé mercredi pour dénoncer les paroles tenues par l'élu.
Marine Tondelier, secrétaire nationale du parti Les Écologistes, a qualifié les propos d'« ordurier, homophobe et menaçant ». Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti socialiste, a demandé au patron des LR Bruno Retailleau « d'exclure ce maire aux comportements de voyou ». Le PS girondin a parlé « d'insultes d'une violence inouïe à l'encontre de son opposant Vital Baude, accompagnées de menaces explicites visant lui et sa famille, […] indignes de la fonction de maire ».
Le groupe écologiste du Conseil régional, dont Yves Foulon est également membre, a demandé « des sanctions ». Plus localement, aucun des maires qui côtoient Yves Foulon au sein du syndicat intercommunal du bassin d'Arcachon qu'il préside n'a réagi. Pressé de questions sur BFMTV, Bruno Retailleau a finalement dénoncé « des propos inacceptables » et a demandé au maire d'Arcachon « de s'excuser », sans annoncer de sanctions immédiates.
Des excuses publiques mais des accusations de « coup monté »
Yves Foulon a présenté ses excuses ce mercredi midi dans un communiqué, mais il ne s'est pas contenté de cela. Il a admis « un comportement inapproprié et la tenue de propos que je regrette profondément ». « Je n'ai pas su ou pu surmonter les provocations et les épreuves. La pression et le stress l'ont emporté sur la raison et l'intelligence. Je tiens à présenter mes excuses publiques et totales à tous ceux que j'ai pu heurter et blesser », a-t-il ajouté.
Ces « épreuves » et « provocations » dont il parle concernent selon lui les actions de Vital Baude : « Ce candidat, et élu municipal, m'agresse régulièrement au travers des conseils municipaux auxquels il participe depuis de nombreuses années. Pendant cette élection municipale, il a dans son document de campagne porté atteinte à ma vie privée en diffusant la photo et le nom de ma maison, permettant ainsi sa localisation. Il a également mis en cause mon intégrité et celle des élus qui m'entourent. Cela a durement affecté ma famille. »
Ensuite, le maire d'Arcachon a affirmé que cette vidéo est « un coup monté », « car personne ne peut croire qu'un candidat puisse se promener dans la rue et dans les bureaux de vote équipé d'un micro dissimulé et d'une caméra cachée ». Il assure enfin avoir « été pris à partie par monsieur Baude, dans un échange tendu qui ne figure pas dans cette vidéo », suggérant ainsi un montage.
Vital Baude conteste les accusations
Vital Baude, interrogé par « Sud Ouest », conteste le « coup monté ». « On enregistre un documentaire depuis trois semaines et on va continuer. Le réalisateur se tenait toujours à distance avec sa caméra pour permettre aux gens de rester naturels, et je portais un micro-cravate. » Il affirme également qu'il n'y a pas eu de montage : « C'est un plan-séquence qui a été donné à la justice et ce n'est pas coupé. »
Suites politiques et judiciaires
Les deux hommes vont à nouveau se rencontrer ce vendredi matin lors du conseil municipal d'installation du maire d'Arcachon, réélu haut la main (66 % des suffrages) dimanche. Les élus de la majorité d'Yves Foulon doivent voter pour lui. « Je me demande s'ils pourront conserver leur confiance et leur solidarité après de tels agissements », questionne Vital Baude.
Au-delà de cet épisode politique immédiat, le volet judiciaire va se prolonger. Une plainte a été déposée par le candidat écologiste, et le parquet de Bordeaux a annoncé l'ouverture d'une enquête pour « menace de crime ou délit contre les personnes ou les biens à l'encontre d'un élu public, injure non publique et violences ». Des faits qui pourraient relever du tribunal correctionnel.
Si les injures et les menaces sont difficilement contestables, les violences paraissent nettement moins évidentes. On ne les voit pas sur la vidéo. On y entend simplement Vital Baude dire « ne me frappez pas ». Enfin, Yves Foulon pourrait de son côté attaquer sur un enregistrement/diffusion d'une conversation privée sans son autorisation, ajoutant une dimension juridique supplémentaire à cette affaire déjà complexe.



