Toulouse : la bataille des trois candidats pour la mairie s'intensifie
Toulouse : la bataille des trois candidats pour la mairie

La bataille municipale toulousaine s'annonce serrée

La campagne pour les élections municipales à Toulouse prend une tournure particulièrement intense cette année, avec trois principaux candidats qui défendent des visions distinctes pour la Ville rose. François Piquemal, député La France Insoumise depuis deux ans et conseiller municipal depuis trois ans, se présente comme tête de liste de son parti. Né à Besançon d'un père ariégeois et d'une mère bretonne, ce quadragénaire affiche une confiance débordante : « Je me vois déjà en tête au second tour, faire l'union de la gauche et battre M. Moudenc », déclare-t-il.

Le soutien de Mélenchon et la stratégie de la gauche

Ce jeudi 22 janvier, Jean-Luc Mélenchon viendra apporter son soutien à François Piquemal lors d'un grand meeting. Le candidat insiste sur la popularité locale de son leader : « Il a toujours été populaire ici, rappelant qu'il a engrangé 38 % des voix au premier tour de la présidentielle. Si Toulouse était la France, il serait président ! »

Face à cette ambition, François Briançon, socialiste né à Toulouse et élu pour la première fois au Capitole en 1995, propose une alternative différente. Cet ancien adjoint du maire PS Pierre Cohen (2008-2014) et proche d'Olivier Faure n'a pas fait alliance avec LFI. Il part au combat en union avec douze formations de gauche et a choisi comme colistier l'écologiste Régis Godec. En cas de victoire, l'un sera maire, l'autre président de la Métropole.

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« Nous sommes pour un débat apaisé, nous défendons une vision universaliste de gestion municipale », argumente François Briançon. « La gauche gère la Région, les départements, la plupart des villes de la métropole, bref, on sait faire. Si l'on retire les six ans de mandat de Pierre Cohen, la droite est au pouvoir à Toulouse depuis 1971. Elle développe un sentiment de propriété. »

Moudenc : le maire sortant joue la carte locale

La Ville rose, administrée depuis 2014 par le centriste Jean-Luc Moudenc, reste le principal enjeu de cette bataille. Ce politique madré, fin tacticien souvent sous-estimé, a quitté LR en 2022 et se présente « sans étiquette » à la tête d'une liste qui fédère toutes les composantes de la droite et du centre. Sa liste a été renouvelée à 42 %.

« Nous sommes l'une des rarissimes listes d'une très grande ville à donner autant de place à des personnalités qui n'appartiennent à aucune formation politique », souligne Jean-Luc Moudenc. « Aucune des listes que j'ai en face n'est prête, alors que moi j'ai construit la mienne depuis cinq semaines. Et sans demander un centime aux partis. Nous sommes dans une très grande unité et une grande sérénité. »

Pour étendard de campagne, le maître du Capitole a repris une maxime du philosophe Auguste Comte : « L'ordre et le progrès ». Il met en avant ses réalisations : budget tenu, effectifs de police municipale doublés, nombre de caméras considérablement renforcé (passant de 21 en 2014 à 710 aujourd'hui), et des taux de résolution des cambriolages deux fois plus élevés que la moyenne nationale.

La menace du Rassemblement national

Dans ce paysage déjà complexe, le Rassemblement national pourrait jouer les trouble-fêtes. Julien Leonardelli, 38 ans, responsable du parti en Occitanie et député européen, incarne cette candidature. Le RN n'a aucun député en Haute-Garonne, pas d'élus à Toulouse depuis 30 ans, et n'a recueilli que 4,8 % des suffrages aux municipales de 2020.

Pourtant, Julien Leonardelli affirme : « Ces terres de mission sont devenues terres de conquête ». Jean-Luc Moudenc reconnaît la menace : « Le RN n'a aucune chance de gagner la ville mais la règle électorale veut que, s'il franchit la barre des 10 %, il soit qualifié pour le second tour et donc bloquera des voix qui se reportent sur moi habituellement. Dans un tel cas de figure, l'opposition municipale pourrait l'emporter. »

François Briançon résume ainsi la stratégie du maire sortant : « L'argumentaire de Moudenc, c'est moi ou le chaos ».

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La bataille de mobilisation des « deux JLM »

La campagne entre maintenant dans une phase cruciale de mobilisation. Le 24 janvier, Jean-Luc Moudenc organise une « galette des rois » au même endroit où Jean-Luc Mélenchon aura tenu son meeting deux jours auparavant. « On verra lequel des deux “JLM” va gagner la bataille de la mobilisation ! », lance le maire sortant avec un œil rieur.

Il ajoute, patelin : « En fait, il n'y a pas trop de suspense, car Mélenchon va faire venir des cars de tout le département. Moi, je m'adresse aux Toulousains… » Un axiome « moudenciste » pour ce ténor discret qui a su s'imposer après avoir travaillé dans l'ombre des « années Baudis » (1983-2001) et qui incarne désormais une métropole en croissance exponentielle.

Passionné d'histoire et amateur de symboles, le maire candidat vient d'inaugurer son QG de campagne rue Raymond-IV, nommée en l'honneur du comte de Toulouse, marquant ainsi son ancrage profond dans l'histoire de la ville qu'il aspire à continuer de diriger.