Mont-de-Marsan dans l'attente d'un second tour sous haute tension
Dans la préfecture des Landes, le scrutin municipal du dimanche 22 mars s'annonce particulièrement serré et imprévisible. Tous les scénarios restent possibles dans cette élection qui mobilise l'attention locale, bien que la gauche semble détenir un léger avantage statistique à ce stade.
Quatre listes confirmées pour la ligne de départ
Conformément aux anticipations, les documents préfectoraux publiés mardi 17 mars à 18 heures ont officialisé la présence de quatre listes candidates. Aucune surprise n'est venue perturber ce tableau électoral attendu. Les électeurs devront choisir entre :
- Frédéric Dutin (PS, union de la gauche)
- Charles Dayot (SE, Horizons), le maire sortant
- Geneviève Darrieussecq (SE, MoDem)
- Nicolas Lerègle (RN/USR)
Ces quatre formations politiques se présenteront donc sur la ligne de départ ce dimanche décisif.
Un climat de campagne délétère qui s'intensifie
Si la campagne électorale a été marquée par une atmosphère délétère et émaillée d'affaires visant le maire sortant Charles Dayot, la tension a encore monté d'un cran depuis l'annonce des résultats du premier tour. Les échanges entre candidats sont devenus particulièrement vifs et accusateurs.
Charles Dayot a immédiatement réagi sur ses réseaux sociaux en s'adressant directement à son ancienne partenaire politique : « Le maintien de sa liste au second tour lève le voile sur son véritable projet et son unique motivation : nous faire perdre », a-t-il écrit, insistant sur ce qu'il perçoit comme un « désir de vengeance » de la part de l'ancienne ministre.
Réponses cinglantes et silences éloquents
Geneviève Darrieussecq n'a pas tardé à répliquer via une vidéo diffusée sur Facebook : « Il me somme de me retirer, et ce, sans m'avoir ni appelée, ni proposé le moindre dialogue malgré nos scores très proches. Toujours la même méthode : diviser, exclure, souvent brutalement, jamais rassembler. »
De son côté, Frédéric Dutin reste étonnamment silencieux depuis dimanche soir. Se contentant d'un simple mot de remerciement sur Facebook et de l'annonce d'un meeting durant l'entre-deux-tours, son entourage explique cette discrétion par une concentration sur le terrain : « On est focus sur le terrain ».
Quant à Nicolas Lerègle du RN et de l'UDR, il poursuit son objectif affiché de faire entrer un ou plusieurs élus au sein du conseil municipal, tout en égratignant régulièrement les « 3 D » (Dutin, Dayot, Darrieussecq) lors de ses réunions publiques.
Un cocktail électoral potentiellement explosif
À ces tensions déjà vives s'ajoutent des controverses autour de la consultation des listes d'émargement et un rappel à l'ordre de la préfecture concernant le respect des règles électorales. Ce mélange de facteurs crée un cocktail potentiellement explosif à quelques jours du scrutin.
Les résultats du premier tour, particulièrement serrés, expliquent en partie cette atmosphère tendue :
- Frédéric Dutin a obtenu 29,72% des voix, soit 437 voix de plus que Charles Dayot
- Charles Dayot a recueilli 26,04% des suffrages
- Geneviève Darrieussecq a obtenu 23,98%, soit 245 voix de moins que le maire sortant
- Nicolas Lerègle frôle les 14% avec exactement 13,92%
Dans ces conditions de compétition électorale extrêmement serrée et de relations dégradées entre les principaux candidats, il devient particulièrement difficile de prédire avec certitude le tiercé gagnant de ce dimanche 22 mars. L'incertitude règne à Mont-de-Marsan alors que les électeurs s'apprêtent à retourner aux urnes pour un second tour qui s'annonce décisif pour l'avenir politique de la ville.



