Simon Abkarian incarne un de Gaulle époustouflant dans "La Bataille de Gaulle"
Simon Abkarian époustouflant dans "La Bataille de Gaulle" (02.06.2026)

Simon Abkarian est absolument étonnant dans La Bataille de Gaulle : l'âge de fer d'Antonin Baudry, présenté hors compétition au Festival de Cannes. Cette première partie d'un diptyque, dont le second opus J'écris ton nom sortira le 3 juillet prochain, est absolument passionnante.

Le réalisateur du Chant du loup a entouré Simon Abkarian de nombreuses stars telles qu'Anamaria Vartolomei, Benoît Magimel et Mathieu Kassovitz. Tous sont parfaits, mais le film n'aurait pas été aussi fort si le général de Gaulle n'avait pas été crédible. Simon Abkarian, vu récemment dans la série Kaboul Kitchen, est revenu sur sa performance et sur cette période historique qui lui tient à cœur.

Une immersion totale dans le personnage

Interrogé sur la difficulté d'incarner le général de Gaulle, Simon Abkarian confie : « Ce n'était pas douloureux, mais je ne faisais que ça. Toutes mes forces convergeaient vers le travail. Je lui ai prêté mon corps. Mon travail a consisté à marcher autrement, à parler autrement, à me rapprocher de son phrasé, de son éloquence. Je me suis régalé. » Il souligne l'importance du regard pointu et bienveillant d'Antonin Baudry et des regards crédules de ses partenaires qui, quand il entrait sous l'œil de la caméra, voyaient le général de Gaulle.

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Un sentiment d'habitation du rôle

L'acteur explique s'être senti habité par le Général : « Je ne pensais qu'à ça, je dormais avec ça. Je ne lâchais l'uniforme de De Gaulle qu'à la maison. Quand je rentrais chez moi, je n'étais pas de Gaulle, mais dans ma tête, ça continuait à travailler. Et d'ailleurs, même après avoir tourné, ça continue à travailler. » Pour lui, l'important n'est pas de réussir, mais d'avoir vécu quelque chose pleinement. Il a essayé à chaque prise d'être pleinement dans son travail, dans chaque moment, dans chaque regard, sans tomber dans l'imitation.

Une méthode de travail rigoureuse

Simon Abkarian détaille sa méthode : « J'ai veillé à ne pas me laisser happer par le quotidien, surtout que le tournage était long. Sur le plateau, je ne me suis jamais affalé dans mon uniforme. Je me suis toujours tenu droit sur une chaise. J'ai toujours rentré mes coudes. J'ai cligné des yeux le moins possible pour que le regard soit toujours clair. » Il qualifie cela de « petite cuisine intérieure », précisant que toute préparation doit passer par le filtre de l'intériorité. La seule manière de le faire, selon lui, est de plonger dans la douleur, la folie, et de comprendre l'obsession qu'avait de Gaulle pour la France.

Une vision du Général comme sauveur

Maintenant qu'il l'a incarné, Simon Abkarian voit le général de Gaulle comme « le sauveur de son pays, avec toutes les forces qui ont pris les armes pour entrer en résistance. La première voix qui s'élève, c'est la sienne. Elle atteint les cœurs, elle atteint les esprits. Elle réveille les consciences. » Il le décrit comme le type qui ramasse le glaive dans la boue et le brandit de nouveau, un meneur d'hommes et un grand stratège.

L'importance de la Seconde Guerre mondiale

L'acteur juge cette période vitale car elle pose les règles du monde actuel. « Elle révèle la tête de l'Hydre à deux têtes, qui est le fascisme et le nazisme. Et puis elle révèle les quelques combattants et combattantes qui, animés par leur soif de justice, constitués par leur foi ou leur idéologie - je préfère le mot 'idéal' - décident de prendre leurs armes et de faire front avec, pour arme, la clandestinité. »

La clandestinité comme arme

Pour Simon Abkarian, la clandestinité est une arme face à des forces dix fois mieux équipées, soutenues par des collaborateurs. « C'est une question de survie du monde tel que voudrait le concevoir, la démocratie qui a été construite siècle après siècle de manière très fragile. Et qui reste encore aujourd'hui. Et qu'il faut préserver. »

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Un message pour la jeunesse

Interrogé sur l'importance de parler de cette période aujourd'hui, il répond : « Des gens, parfois très jeunes, se sont battus et parfois sacrifiés pour sauver la France. On a parfois tendance à oublier leurs noms. Il est bien de les rappeler notamment à la jeunesse d'aujourd'hui pour éviter que l'histoire se répète. »

Un rôle marquant pour sa carrière

Simon Abkarian affirme que ce rôle marquera un avant et un après dans sa carrière. « C'est un travail qui va se cristalliser en moi, qui m'a appris des choses. Déjà, tenir un personnage sur 80 jours, je ne l'avais jamais fait. Et surtout, un personnage comme ça, aussi connu, aussi ancré dans l'inconscient collectif français. C'est une expérience unique dans la carrière d'un comédien. »