Municipales 2026 à Sète : un second tour à cinq candidats, une première historique
Le dépouillement des voix pour le premier tour des élections municipales à Sète s'est achevé tard dans la soirée de dimanche, aux alentours de 23 heures. Les résultats des 33 bureaux de vote ont progressivement été communiqués, révélant une situation électorale tout à fait inédite sur l'Île singulière.
Une quinquangulaire exceptionnelle
Pour la première fois dans l'histoire récente de la ville, cinq candidats se sont qualifiés pour le second tour qui se tiendra dimanche prochain. Cette configuration unique promet un entre-deux tours particulièrement animé et imprévisible, où les alliances et les stratégies de campagne seront déterminantes.
Hervé Marquès en tête, mais sans assurance
Hervé Marquès, le maire sortant coiffé de la casquette de candidat Protégeons l'avenir, a réussi son premier objectif en terminant en tête de ce premier tour avec 28,07% des suffrages, soit 6 003 voix. Cette performance représente cependant un score modeste comparé à celui de son prédécesseur François Commeinhes qui avait réalisé 34,85% au premier tour en 2020.
La marge avec ses poursuivants étant particulièrement faible, la réélection d'Hervé Marquès pourrait être grandement menacée en cas d'alliances, de retraits ou de fusions entre les autres candidats qualifiés. Il faut rappeler que le candidat partait de loin dans cette campagne, n'étant pas initialement destiné à se présenter avant la condamnation de François Commeinhes fin avril dernier.
Laura Seguin domine la gauche
L'un des enjeux majeurs de ce premier tour concernait la prééminence au sein de la gauche. À ce jeu, Laura Seguin a remporté une nette victoire face à Sébastien Denaja. La candidate de l'union de la gauche, portée par l'alliance LFI-PCF-Les Écologistes sous la bannière Nouvelles Pages pour Sète, réalise un score de 20,55% avec 4 395 voix.
Ce résultat constitue une première victoire pour Laura Seguin qui se présentait pour la première fois en son nom, et dépasse même le score de Véronique Calueba en 2020 (19,24%). La campagne de la candidate de gauche s'avère donc incontestablement réussie à ce stade du scrutin.
Déception pour Sébastien Denaja
La soirée électorale s'est révélée bien plus difficile pour Sébastien Denaja, le candidat Allons ensemble (DVG). Le conseiller régional socialiste plafonne à 13,7% avec 2 929 voix, contre 17,66% en 2020, ce qui en fait le perdant le plus marquant de cette première phase.
Ce résultat est d'autant plus rude que le candidat a toujours refusé toute discussion avec LFI et donc avec Laura Seguin durant la campagne. La question se pose désormais sur le rôle qu'il pourra jouer dans cet entre-deux tours, son total de voix pouvant potentiellement influencer l'issue du scrutin en faveur de la candidate de l'union de la gauche.
Sébastien Pacull confirme la percée du RN
Sébastien Pacull, candidat du Rassemblement national, termine finalement devant Laura Seguin d'une poignée de voix avec 20,77% et 4 441 suffrages. Si ce résultat reste éloigné de ses ambitions initiales, il confirme néanmoins la nette percée du parti présidé par Jordan Bardella dans la ville de Sète.
En six ans, Sébastien Pacull a doublé son nombre de voix et progressé de six points, une évolution significative qui reflète le contexte national favorable à son mouvement. Cependant, sa marge de manœuvre apparaît limitée pour le second tour, et son élection semble compromise en l'absence de ralliements surprises.
Pascal Pintre en position d'arbitre
Le défi est presque réussi pour Pascal Pintre, l'ancien directeur de campagne de François Commeinhes et ex-patron de l'agence de développement économique Blue. Parti d'une page blanche à l'automne dernier, il totalise 3 170 voix, soit 14,82%, ce qui le place en quatrième position.
La question cruciale concerne désormais la position qu'il adoptera au cours de cette semaine décisive. Plusieurs options s'offrent à lui :
- Le maintien de sa liste jusqu'au second tour
- Un "désistement républicain" en faveur de l'un ou l'autre des candidats
- La recherche d'une alliance stratégique
Dressé contre le "système" de la majorité sortante tout au long de la campagne, un rapprochement avec le camp Marquès semble improbable. Il s'est également tenu éloigné de l'extrême droite et du Rassemblement national. L'option d'un rapprochement avec Sébastien Denaja, dont on le dit le plus proche au plan des idées, reste envisageable, mais les bénéfices potentiels d'une telle union demeurent incertains après ce premier tour historique.
Cette configuration électorale exceptionnelle à Sète promet donc une semaine d'intenses négociations et de repositionnements stratégiques avant le second tour décisif de dimanche prochain, où les Sétois devront choisir parmi cinq candidats aux profils et propositions distincts.



