Saintes face à ses défis démographiques à l'approche des municipales 2026
À Saintes, les candidats aux élections municipales des 15 et 22 mars 2026 ont un électorat de 18 500 personnes à convaincre. Pour y parvenir, une connaissance approfondie de la population et de ses besoins s'impose. Les rapports de l'Insee publié en novembre 2025 et du Centre communal d'action sociale (CCAS) offrent un éclairage précieux sur les réalités sociales de la ville, même si les données, basées sur les chiffres du 1er janvier 2023, présentent un léger décalage avec la situation de 2026.
Un vieillissement prononcé de la population
Saintes, qui compte 25 363 habitants, a perdu environ 1 500 résidents en cinquante ans. Cette évolution s'accompagne d'un déséquilibre marqué de la pyramide des âges. Le taux de natalité a été divisé par deux, passant de 15,3 à 7,8 pour 1 000 habitants, tandis que le taux de mortalité augmentait de 11,6 à 14,6 pour 1 000. Entre 2011 et 2022, la proportion des 60 ans et plus est passée de 32,5 % à 37,2 %, dépassant désormais celle des 30-59 ans (de 37,5 % à 35,2 %). La part des 0-30 ans baisse également, de 30,4 % à 27 %.
Les projections à l'horizon 2036 anticipent une hausse significative des seniors, avec 5 230 personnes de 75 ans et plus, soit une augmentation de 31 %. D'ici 2046, la population pourrait atteindre 29 080 habitants, mais le déséquilibre générationnel persistera, impliquant des coûts accrus en services publics. On note également que les femmes représentent 54,9 % de la population, les courbes de genre s'inversant à partir de 45 ans.
Une immigration modérée et une mobilité résidentielle élevée
En 2021, la population immigrée à Saintes s'élevait à 4,9 % (1 240 personnes), un chiffre en hausse par rapport à 2010 (3 %) mais restant deux fois inférieur à la moyenne nationale (10,2 %). Le solde migratoire positif (+0,6 % en 2022) compense le solde naturel négatif (-0,7 %).
La mobilité résidentielle est notable : 36 % des habitants résident à Saintes depuis moins de cinq ans, créant un tiers de « néo-Saintais » qui n'ont pas voté lors des précédentes municipales. Le nombre de logements a considérablement augmenté, passant de 9 167 en 1968 à 15 841 aujourd'hui, tandis que le nombre d'occupants par logement a chuté de 2,98 à 1,73, limitant l'impact des efforts d'extension du parc immobilier.
L'isolement et la précarité en progression
L'isolement gagne du terrain, avec 53,3 % des ménages composés d'une seule personne, soit 7 486 foyers, dont 62 % de femmes seules. Les familles monoparentales, majoritairement féminines (84 %), représentent 22,4 % des ménages et sont en augmentation. La solitude touche toutes les tranches d'âge, culminant à 53,7 % chez les 80 ans et plus.
Sur le plan économique, l'emploi est dominé par le commerce, les transports et les services divers (46,3 %), ainsi que par l'administration publique, l'enseignement, la santé et l'action sociale (40,4 %). Le taux de chômage s'établit à 10,7 % parmi la population active. Le salaire net moyen mensuel est de 2 219 euros, avec un écart de 220 euros entre hommes et femmes. Le niveau de vie médian atteint 1 814 euros, et le taux de pauvreté, fixé à 60 % de ce revenu, concerne 17 % des habitants (4 240 personnes), dépassant la moyenne nationale (13 %). Ce taux grimpe à 30 % chez les moins de 30 ans, et un quart des jeunes ne sont ni en formation ni en emploi.
Des défis pour les futurs élus
Le rapport du CCAS, disponible sur l'espace seniors de la ville, met en lumière ces fragilités sociales qui constituent autant de défis pour les candidats aux municipales. La combinaison du vieillissement, de l'isolement et de la pauvreté exigera des politiques adaptées pour répondre aux attentes des 18 500 électeurs appelés aux urnes en 2026.



